Prose poétique, Épitaphe amoureux (1): Prologue.

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Prose poétique, Épitaphe amoureux (1): Prologue. 

Épitaphe amoureux. 

Parce que les hommes peuvent aussi aimer.

Parce que les hommes peuvent aussi être trompés.

Parce qu’il en reste encore quelques romantiques.

Parce que notre amour est ou était unique.

Prologue:

Le mot que j’ai eu le plus envie de prononcer est idiote. Ce n’est pas un mot plaisant, ce n’est pas un mot sympathique, mais c’est un mot affectueux. Qu’a-t-elle fait pour que je l’aime autant? Si peu, sauf que je la connais depuis qu’elle a dix-neuf-ans. Nous avons traversé des tempêtes et des monts hurlants; nous sommes maintenant dans une guerre de cent ans. Elle ne réfléchit pas plus loin que le présent et le passé récent ; je traque les ides d’un Mars d’antan, et me guide aux augures des vents d’autan. 

Sa rationalité inflammable se consume en quelques heures d’idée, quand la mienne forge l’airain jusqu’à être aveuglé. Les esprits embrumés oublieront peut-être que L. et Julien se sont aimés. Jusqu’à l’autel des héros, jusqu’aux portes des tombeaux, j’irai crier ma souffrance du désert, de la déshérence. Je ne laisserai personne dire, qu’à part la mort de mon père, sa trahison ne fut le pire. Je ne laisserai personne douter que dans mon cœur, elle gardait, elle seule, les clefs du bonheur. Je me battrai, coûte que coûte, jusqu’à la dernière goutte, comme Orphée pour Eurydice pour la sauver d’une vie si lisse. Je prendrai les torrents de haine et de boue pour la dévier des sages conseils des hiboux. Je me tiendrai seul face à ceux qui la courtisent, armé d’une vérité qui me dessert, toujours pour elle sincère. Jamais, je ne me renierai, ce serait la plus basse offense que je lui infligerais. Je l’aime, je la regarde, même si loin, mes prières à Marie la sauvegardent. 

L’amour éternel n’existe pas. Lapalissade qui laisse coi. A vivre sans péril, on vit sans gloire. La gloire n’est rien en amour, comme l’honneur est tout. Elle m’a trompé, tout est dit, la confiance ne naît pas de l’oubli. Et si… Et si elle me regardait d’un air alangui. Et si elle marmonnait des incantations de magie. Et si elle invoquait la sorcellerie. Et si elle caressait mes cheveux endormis. Et si elle écrivait l’histoire d’un insoumis transi. Et si elle me racontait que le cimetière de nos espoirs mentaient aux brillances de notre histoire. Et si…elle reprenait le cours de nos vies. Je la croirais volontiers; yeux, coeur et poings liés à la tendresse de ses volontés.

Je n’ai pas de direction. Je voyage a vue selon son inclination. Esclave de ses humeurs, je compte les heures. Un sablier plein de sable erre sur une plage de palabres. Peu prolixe, elle me réserve le masque du nix. Le passager sombre quand elle se voit telle une blanche colombe. Elle exagère mes ombres. Je la ressens légère, étourdie par l’onde. J’écris pour exorciser les mensonges. J’écris une épitaphe à mes ennemis qui s’esclaffent. J’écris pour que les mots gravent mon amour et ma peine parmi les lettres éternelles. 

Je veux qu’elle sache ce qu’elle perd, et ce qu’elle pourrait retrouver. Derrière les hiéroglyphes de nos amours délaissés se cache l’acmé d’une renaissance ardente. La proximité d’un Léthé où rimeraient amour et bonheur m’engage à jeter mes derniers feux dans le foyer qui s’éteint de nos passions oubliées.

Mon entreprise n’a rien d’une reconquête. D’Oscar Wilde, j’emprunte le chemin d’un hurlement des profondeurs, tout en espérant un autre destin. Je veux la toucher, la bouleverser, la transporter dans des nuées argentées, convoquer les souvenirs des douceurs passées, mais aussi qu’elle respire la terre solfatare sur laquelle brûle mon cœur durant ces innombrables heures. 

Et enfin, lui ouvrir mes bras, lui parler apaisé ,avec ma voix qu’elle aime tant, la rassurer, lui pardonner, la regarder de nouveau comme la plus belle des promesses, et vivre les heures filantes au bord de l’allégresse. 

Oublier le Dimanche 16 Mai 2021, la duperie libérée, les portefaix malsains. Oublier les images d’un naufrage digne du radeau de la méduse, d’un Guericault mal peint, alors qu’elle maîtrise de la peinture les couleurs, l’énergie, sinon le dessin. Oublier les paroles insouciantes, catharsis pour elle de son besoin d’innocence. Oublier que je fus son aimé, qu’elle a choisit, même si elle ne le sait, par alchimie du cœur de métamorphoser en damné. Oublier… peut-être jusqu’à l’oublier elle…

Maintenant, voici notre histoire.

(A suivre…)

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10 commentaires sur “Prose poétique, Épitaphe amoureux (1): Prologue.”

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