Prose poétique, Épitaphe amoureux (3): chance ou destin.

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Prose poétique, Épitaphe amoureux (3): chance ou destin.

 

Chapitre II: Chance ou destin. 

Parfois, dénouer les fils malins des coïncidences n’aboutit qu’à comprendre du destin l’incidence, et dans cette histoire de l’amour, l’innocence. Elle doit être bien loin de ces considérations vivant le moment présent dans les bras de son nouvel Apollon. Je n’ai pas la même occupation. Je me remémore qui nous étions.

De la bibliothèque nationale aux quais de Seine à Paris, de la journée à la soirée, un autre état d’esprit, et pourtant… Après la recherche et l’étude, je rejoignais des amis, à Paris-plage, manifestation estivale parisienne donnant un air de vacances à la capitale sous le soleil. Promenades, buvettes, concerts et spectacles rythment les soirées de Juillet et d’Août de la plus belle des cités. 

A part Istanbul, la bien nommée, « la cité qui règne », dans mes voyages peu innombrables, Paris reste une ville mémorable. Ville d’histoire, d’architecture, de pouvoir, et d’amour tous les jours, par temps gris, elle est romantique, par temps ensoleillé elle est magique. Paris se rencontre dans toutes les petites rues qui partent à l’infini, qui usent les pieds et la vue. Paris se mange dans tous les petits restaurants qui composent une nappe immense à l’intérieur de sa petite surface. Paris s’apprend au travers des promenades diurnes et nocturnes, de Montmartre à Denfert-Rochereau, des Champs-Elysées à Nation. La flore est peu présente, la faune vient des quatre coins du monde. Paris est une fête, pour reprendre les mots de Fitzgerald, mais Paris est une révolution pour reprendre les mots de Soboul. Paris s’appartient, et jamais personne, homme politique ou devin, ne décapitera de cette ville son charme si particulier, la majesté de ses quais, le gris de ces immeubles, le centre du monde qu’elle meuble. Comme Venise, à tous les amoureux, Paris chuchote des mots qui frétillent, qui disent à la fois pour toujours et adieu. 

Quelles chances avions-nous de nous rencontrer ce soir-là de nouveau? Rien, une grille de loto. Je venais voir un concert avec une amie, elle est proche, elle s’appelle Stéphanie. Conviée par son frère, elle m’avait averti. Je l’aime, son frère je l’apprécie, la soirée était décidée, discuter, rire et s’amuser. A peine sur les lieux, qui vois-je? Cette jeune fille avec qui j’avais parlé. L. que je croise dans le flux grossissant des badauds parisiens. Je la reconnais, elle me voit. En une journée, nous nous croisons deux fois. Quelques mots échangés ne trahissaient aucun émoi. Seulement, une interrogation, le destin auquel je ne crois pas, auquel elle croit plus que moi, venait de frapper une fois. Toc,toc, Julien et L. contre toutes probabilités ce jour-là de nouveau ont discuté. Je lui offre une bière à une tirette, elle la prenait pour elle ou pour un de ses amis qui aimait la buvette. Je prends la mienne, interrogé et le coeur déjà en bandoulière. Je ne me demandais pas encore si Psyché sur nous s’était penché. Je ressentais juste que cette fille me mettait l’esprit en posture singulière. 

Aujourd’hui, cette journée me paraît si belle que j’ai du mal à l’analyser. Je suis dans un enfer sentimental, et j’écris sur une rencontre aux allures sacrales. Elle m’a dit avoir fait une belle rencontre avec son nouvel homme. Je connais la suite de l’histoire que je conte, et notre rencontre continue dans la beauté. Je ne sais si je m’abuse moi-même, mais je sais ce que nous avons vécu. Personne, surtout pas lui, à postériori manipulateur,  n’enlèvera ces temps suspendus qui relèvent du bonheur innocent, qui terrassent les indigences des mauvaises errances. 

(A suivre…) 

pour les deux premiers textes voici: Prose poétique, Épitaphe amoureux (1): Prologue. Et Prose poétique, épitaphe amoureux (2): La rencontre.

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