Prose poétique, Épitaphe amoureux (5): entre aujourd’hui et hier.

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Prose poétique, Épitaphe amoureux (5): Entre aujourd’hui et hier. 

Chapitre IV: entre aujourd’hui et hier. 

Aujourd’hui gît dans les entrailles en décomposition de mon coeur la longue histoire de nos amours passionnés. Aujourd’hui se fracassent les roses utopiques du temps d’avant, de jadis, aux racines ancestrales, et les ressentiments orageux du temps présent, qu’il finisse, aux sonorités sépulcrales. Aujourd’hui s’affrontent sans issue la raison intraitable devant la trahison, saisissant la fatalité de sa répétition, et l’émotion affable devant l’imagination, étreignant le moindre espoir de guérison. Aujourd’hui, à une croisée des chemins sinueux et incertains, pourtant si universelle et banale, mais toujours retentissante pour tout à chacun, je n’éprouve ni doute, ni peur: derrière moi sont les plus grosses erreurs, derrière sont les plus grosses horreurs. 

Aujourd’hui, c’est la nuit froide et obscure. Hier, il y a longtemps, il y a quinze ans, c’était le printemps. Retour au récit apaisant et charmant des débuts de l’histoire entre L. et Julien, des moments précieux qui font du bien. Nous en étions restés à la fin d’un mois de Mars 2006, aux lancinantes et envoûtantes tendresses naturelles d’un serpent qui danse, celui de l’amour et de l’insouciance. 

Dix jours, ou peut être une semaine après cette nuit augurale, nous décidâmes d’inscrire notre relation dans un cadre plus officiel, plus solennel. Oh, rien de signé, ni de papier. Rien de pesant, ni d’effrayant. Il avait dû nous sembler, tous les deux en même temps, que nous devions donner une date, mettre une borne à ce qui débutait. Nous avions déjà peut-être, je ne sais, l’impression de partager quelque chose d’important. 

L’expression dit que l’occasion fait le larron. Ici, point de vol, ni de malversation. Juste une envie de symbole, mettre un sceau sur notre fraîche union. L’occasion mentionnée s’imposa par elle-même, spontanément, comme tous les véritables amours naissent, avec une sortie ensemble pour une exposition sur les dragons au Jardin des Plantes à Paris. Au centre de Paris, lors d’une belle journée dorée par le soleil du printemps, nous voilà dans cet écrin magnifique datant du XVII ème siècle, dans un des plus beaux quartier de la capitale. Entourés de fleurs, de plantes, de verdures, de serres, et de superbes bâtiments, nous passâmes un agréable et charmant samedi à déambuler dans les jardins, et à s’intéresser aux dragons légendaires, ou réels.

D’ailleurs, un dragon marqua nos esprits. Le dragon de Komodo, sorte de varan, de gros lézard indonésien, nous fit bien rire. Sans être un spécialiste, mon souvenir arrime l’image d’un dragon de Komodo avec une collerette, qui le rendait ridicule. Bien sûr, aucune insulte envers ce noble reptile! Seulement, à son corps défendant, il provoqua notre hilarité. Que la journée fut belle simple et drôle!

Et drôle oui. Nous avons souri au destin. La journée en question était un 1er Avril! Depuis quinze années, chaque premier Avril n’est plus pour moi le jour de la blague et des poissons accrochés dans le dos, mais celui d’un drôle de dragon, et des rires d’amoureux, de ses rires à elle cristallins et chaleureux à la fois. C’était hier…

(A suivre…)

Liens vers les 4 premiers textes: Prose poétique, Épitaphe amoureux (1): Prologue. Prose poétique, épitaphe amoureux (2): La rencontre.Prose poétique, Épitaphe amoureux (3): chance ou destin. Prose poétique, Épitaphe amoureux (4): premiers émois.

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