Prose poétique, Épitaphe amoureux (4): premiers émois.

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Prose poétique, Épitaphe amoureux (4): premiers émois. 

Chapitre III: les premiers émois. 

Je suis dans une période dérangeante, de celle qui mette les roues à côté des jantes. Je me rappelle et en même temps suis dans la truelle du malaise ambiant. Je ne sais qui convoquer, vers qui mes prières doivent s’envoler. Je l’aime, sans être aimé. Je souffre quand de l’autre côté elle ne sait y penser. Je suis seul, quand elle convole. Je ne sais rien, elle tricote sans dessein le douloureux cadenas de nos passions, qui maintenant traînent d’irrémissibles émotions. 

Elle trouve assurément dans de nouveaux bras le charme rassurant des premiers émois. Après plusieurs mois de tentative et d’approche, après plusieurs rapprochements ou anicroches, je réussis un matin, au soleil levant d’un début de printemps à tisser ce lien qui se nomme sublime. 

Entre Juillet 2005 et Mars 2006, nous eûmes différents rendez-vous manqués. Deux baisers chastes et mauvais furent échangés sur les quais de la Gare du Nord. Barbara chantait des quais de gare avant nous. Elle avait la voix, le texte et l’intonation. J’étais gauche, maladroit, et….sans salive surtout la deuxième fois. La belle sauterelle, je ne sais même aujourd’hui ce qu’elle pensait ou ressentait. Des coups de fil passés de cabines téléphoniques avec des cartes prépayées, à l’époque achetées dans des tabacs, pour maintenir le lien, pour savoir ce qu’elle faisait, pour lui faire entendre ma voix qu’elle a toujours aimée. 

Elle voyageait. En Mars 2006, elle avait passé deux semaines avec un homme plus âgé que moi à l’époque dans une maison familiale ou de campagne en Isère ou Ardèche..j’ai en partie oublié. La relation était sèche. Elle profitait du cadre, elle s’incrustait dans les arbres. Revenant de ces errements, nous nous revîmes un soir. J’habitais chez ma mère. Maison de courants d’air. Sinfonéro comme le chantait Moustaki. Le vin, la musique, les cigarettes, quelques pétards et l’oubli. 

La soirée avait débuté à Paris. Elle se termina au premier étage de la maison dans laquelle je dormais en ce temps là. Je l’invitais évidemment à passer chez moi. Nous regardâmes deux films. Je me souviens de « la Cité de Dieu », ce long métrage brésilien sur les favélas si poignant. Nous parlâmes de bien des choses, de cinéma, de littérature, de peinture. Je la bouffais des yeux, je la trouvais belle, je l’adorais. 

Cette nuit se termina au petit matin. Nous nous endormîmes dans un lit en bois aux moulures enfantines, au matelas enfantin. Les premières heures du jours, le soleil rosé de six heure du matin, déposaient sur nos deux êtres liés une lumière tamisée. L’un contre l’autre, ce fut la première fois. Moi, derrière elle, la blottissant dans mes bras, j’ai caressé son corps avec tendresse et sensualité. Les contours de son corps restent encore imprégnés dans la mémoire sensorielle de mes jeunes années. A part ces superbes tendresses un peu chaude, rien d’autre ne fut échangé. J’en garde un souvenir ému, je ne dois pas être le seul, nous étions deux. Je l’ai aimé pour la première fois. 

Depuis, j’ai passé peu de nuits sans elle. Depuis, mes doigts, mes mains, mes bras n’ont rien oublié. Depuis, je crois qu’avec passion je l’ai aimée. Depuis peu, je sais qu’elle m’a remplacé…

Pour les précédents épisodes: Prose poétique, Épitaphe amoureux (1): Prologue. Prose poétique, épitaphe amoureux (2): La rencontre. Prose poétique, Épitaphe amoureux (3): chance ou destin.

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