♥️ Dis- mois, Pourquoi ne sommes-nous plus ensemble? (1)

lescoursjulien.com

♥️Dis-moi, pourquoi ne sommes-nous plus ensemble?(1)

Chapitre I : Un bar galactique.

J’ai passé une longue nuit de sommeil. Elle a duré des mois. Et dans les bras de Morphée, j’ai voyagé dans un imaginaire qui semblait réel. J’ai franchi de nombreuses portes ouvertes, pour y trouver des réponses forcément imparfaites. Je ne l’ai, elle, en effet trouvée dans mes pérégrinations oniriques.

Une fois l’esprit somnolent et embrumé, j’ai embarqué dans un ascenseur de bois sculpté aux vitres diaphanes et constellées. Il monta brusquement à une vitesse vertigineuse, pourtant mon corps astral ne l’a ressentait pas. Je compris avoir dépassé l’atmosphère et notre chère Terre lorsqu’en plongeant mon regard vers le bas, je vis cette belle sphère comme sur les planisphères des salles de classe. Les réponses à l’Amour et à ses cratères ne peuvent être terre-à-terre.

Quelques battement de cœur plus tard, les portes s’ouvrirent, et je posai le pied sur une toute petite planète de la taille d’une colline. Elle était sombre et solitaire. Seule clignotait une enseigne bleue fatiguée avec cette inscription : Bar ouvert. Je passai la porte et entrai.

La salle était déserte, sans une table, ni une chaise ou tabouret. Au fond, un comptoir en zinc d’un autre temps avec un homme grand, efflanqué aux cheveux longs et blancs qui se tenait debout derrière. À n’en pas douter, le tenancier.

« – Je vous attendais, dit-il avec un grand sourire. »

J’étais surpris et intrigué. Non, en fait j’étais vraiment stupéfait.

« – Ah, bon! répondis-je comme un idiot.

– Oui, je vous attendais. Vous êtes le dormeur d’Amour?

– Euh, si vous le dîtes…

– Vous avez une question? me demanda-t-il en écartant les bras.

– Peut-être. Dites-moi, pourquoi ne sommes-nous plus ensemble? avançais-je sans vraiment d’espoir.

– Vous êtes dans le meilleur endroit possible pour en discuter! Que voulez- vous boire? dit-il avec un accent familier et professionnel, de celui qu’utilise les barmen du monde entier.

– Une bière lui répondis-je placidement, mécaniquement.

– Ça tombe bien, je n’ai que cela. »

Et il sortit d’en-dessous de son comptoir deux bouteilles. Il les décapsula avec énergie, m’en tendit une et garda l’autre pour lui. Avec un air un peu penaud, il s’excusa:

«  – Je suis désolé, vous devez rester debout…

– Oui, j’ai remarqué l’absence de tout mobilier. Pourquoi n’avez-vous aucune chaise, ni tabouret ?

– Oh! J’ai dû tout vendre pour éponger mes dettes. L’activité est faible, le client est rare….

– Rare comment?

– Rare comme vous êtes le premier et le dernier de cet établissement.

– Mais, je n’ai pas de quoi payer, dis-je un peu alarmé par tant de dénuement.

– Votre présence et votre conversation me suffisent.

– Je crains qu’elle ne soit très intéressante…

– Buvons alors ! Cela fait des siècles que je n’ai pas trinqué ! »

Et nous trinquâmes de conserve avec une franche camaraderie. Quelques gorgées plus tard, il reprit la parole:

« – Alors, votre problème ? avec une interrogation qui m’incitait à me confier.

– Que pouvez-vous y connaître sur votre étoile depuis si longtemps ? lui répondis-je pour évacuer mon questionnement intérieur.

– J’ai aimé moi aussi, il y a longtemps, murmura-t-il avec un brin de nostalgie dans la voix.

– Et alors que s’est-il passé?

– J’ai trop bu, et j’ai tout perdu, c’est à dire Elle. Je me suis trouvé propulsé à tenir un bar si lointain qu’il n’y a personne et qu’il ne s’y passe rien. Mais assez parlé de moi…

– J’ai aussi trop bu…, marmonnai-je.

– Ah! Et comme moi, vous l’avez perdue!

– Ce n’est pas si simple, tempérais-je. Je ne sais pas si je buvais comme vous. Et je ne l’ai pas perdue. Nous ne sommes plus ensemble. Et c’est peut-être elle qui nous a perdus…

– Mais vous avez trop bu? inisista-t-il.

– Oui…dans un murmure.

– C’est pour cette raison que je n’ai plus d’autres bières. C’est la première et la dernière de votre voyage.

– Ainsi soit-il! Let it be comme chantaient les Beatles ! et je terminai ma bouteille.

– Quant à votre question, il me semble que vous avez votre première réponse, affirma-t-il avec aplomb.

– Laquelle?

– Vous avez trop bu! »

Et dans un tourbillon de poussières de comète, il disparut de manière théâtrale. Je retournai vers l’ascenseur. Un gros bruit derrière moi m’inquiéta. Dans un sursaut, je tournai la tête et vis que le bar n’existait plus. À sa place, une crevasse grandissante avalait la colline. L’étoile se réduisait en vide à vue d’œil. Je me précipitai dans l’intérieur rassurant de l’ascenseur cosmique, quand d’une voix familière j’entendis ces mots : « Tu as ta première réponse mon chéri ». Douze ou treize années derrière avec ce terme « mon chéri » m’indiquèrent l’essence du son transcendent.  (À suivre…)

lescoursjulien.com

Page Facebook: CoursJulien

Twitter:@lescoursjulien

Contact: lescoursjulien@yahoo.fr

Laisser un commentaire