Un mot , un poème: une rupture, « je vis, je meurs », Louise Labé.

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Un mot , un poème: Une rupture, « Je vis, je meurs », Louise Labé, 1555.

Ce sonnet de Louise Labé exprime avec force et vérité les atermoiements d’une rupture non attendue. Tout se bouscule lorsque l’on y est pas préparé. Ceux ou celles qui la provoquent ont eut le temps et la raison d’accepter leurs attentions et intentions. Pour ceux qui sont moins pragmatiques, plus romantiques, plus fleur bleue, moins sur tinder, moins dans les coucheries multiples, et plus dans le coeur de l’âme-sœur, le sonnet de Louise Labé pourra parler.

Comme elle, l’Amour que je défends n’est pas celui qui ment. Pour les sentiments, on ne se bat que pour des diamants. Pour le vulgaire, laissons les autres le faire.

Louise Labé exprime la confusion des sentiments. En même temps, des émotions très puissantes et contraires coexistent. L’amour et la haine, le désespoir et la colère, le passé et le futur, l’absence et l’omniprésence. Elle exprime en des mots simples le train des sentiments différents qui filent, qui se heurtent, qui se battent dans un présent conscient, inconscient, omnipotent.

Elle parle d’émotions et non de raison. Elle parle d’amour, et non juste de sexe. Elle dit le quotidien, celui de chaque matin. Elle clame la nécessité de sens, de la présence, de la vie à mener. Elle dit enfin la magie. En face de laquelle, tout n’est que soucis. Elle écrit l’indicible, pour le faire comprendre à celles ou ceux qui y sont peu sensibles. Elle n’est pas psychologie, elle est juste la vie. Rien à expliquer. J’aime cette poésie. Elle est vitalité.

Je vis, je meurs…

Je vis, je meurs ; je me brûle et me noie ;
J’ai chaud extrême en endurant froidure :
La vie m’est et trop molle et trop dure.
J’ai grands ennuis entremêlés de joie.

Tout à un coup je ris et je larmoie,
Et en plaisir maint grief tourment j’endure ;
Mon bien s’en va, et à jamais il dure ;
Tout en un coup je sèche et je verdoie.

Ainsi Amour inconstamment me mène ;
Et, quand je pense avoir plus de douleur,
Sans y penser je me trouve hors de peine.

Puis, quand je crois ma joie être certaine,
Et être au haut de mon désiré heur,
Il me remet en mon premier malheur.

Louise Labé, Sonnets

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