Poésie, forme fixe: la ballade.

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Forme fixe: la ballade.

Ballade: poème au départ accompagné de musique pour danser. La ballade est construite généralement en trois couplets de huit à dix vers chacun, avec à la fin de chaque strophe un refrain en un ou quelques vers. La quatrième et dernière strophe est l’envoi qui termine le poème, souvent par une dédicace ou un appel, et comprend la moitié des vers des autres strophes.
Cette forme fixe fut à la mode à la fin du Moyen-Age, et au début de la Renaissance . Abandonnée au milieu du XVI éme siècle par les poètes de la Pléiade, elle est de nouveau employée par les Romantiques (comme Hugo ou Musset) avec des thèmes médiévaux et épiques, ou lyriques.

Exemple: l’exemple le plus connu est évidemment celui de « La Ballade des Pendus »( François Villon, 1489).

 

Ballade des pendus

Frères humains, qui après nous vivez,
N’ayez les coeurs contre nous endurcis,
Car, si pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tôt de vous mercis.
Vous nous voyez ci attachés, cinq, six :
Quant à la chair, que trop avons nourrie,
Elle est piéça dévorée et pourrie,
Et nous, les os, devenons cendre et poudre.
De notre mal personne ne s’en rie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

Se frères vous clamons, pas n’en devez
Avoir dédain, quoique fûmes occis
Par justice. Toutefois, vous savez
Que tous hommes n’ont pas bon sens rassis.
Excusez-nous, puisque sommes transis,
Envers le fils de la Vierge Marie,
Que sa grâce ne soit pour nous tarie,
Nous préservant de l’infernale foudre.
Nous sommes morts, âme ne nous harie,
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

La pluie nous a débués et lavés,
Et le soleil desséchés et noircis.
Pies, corbeaux nous ont les yeux cavés,
Et arraché la barbe et les sourcils.
Jamais nul temps nous ne sommes assis
Puis çà, puis là, comme le vent varie,
A son plaisir sans cesser nous charrie,
Plus becquetés d’oiseaux que dés à coudre.
Ne soyez donc de notre confrérie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

Prince Jésus, qui sur tous a maistrie,
Garde qu’Enfer n’ait de nous seigneurie :
A lui n’ayons que faire ne que soudre.
Hommes, ici n’a point de moquerie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

François Villon, Poésies diverses

Donc: trois strophes de dix vers, avec le dernier vers qui constitue le refrain. Et une dernière de cinq vers qui en appelle à Jésus et constitue l’envoi.

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