Grammaire(13): la négation.

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Grammaire(13): la négation.

Parmi les différentes formes de phrases, on trouve la phrase négative. Elle s’exprime de plusieurs manières et prend ainsi divers sens.

La négation totale (ou absolue):

Elle infirme toute la phrase. Elle montre que toute la phrase est fausse. La négation totale s’exprime la plupart du temps par « ne…pas », ou « ne…point ». (Ou avec « aucunement » et « nullement »).

Je ne mens pas. ( pas d’ambiguïté, le mensonge n’existe pas)

Il ne possède point de délicatesse. ( la délicatesse n’existe pas chez lui)

Attention à l’écrit avec le « n’ », qui ne se perçoit pas à l’oral!!! L’élision du « e » se produit évidemment devant une voyelle ou un « h » muet.

Je n’habite pas ici.

Je n’entre pas dans la pièce.

Il n’nullement le besoin de parler.

La négation partielle (ou relative):

Elle porte sur une partie de la phrase, ou sur une spécificité, un élément de l’objet nié.  Elle n’indique pas que la totalité de la phrase est fausse. Elle peut s’exprimer par « ne…pas » ou « ne…point », mais aussi par « ne… » « aucun, guère, nul, plus, jamais, nulle part ».

Il ne regarde pas les films romantiques. (Il regarde des films, mais pas les romantiques, négation partielle).

Il ne possède aucun livre. (La négation porte sur « livre » et non sur toute la phrase.)

La négation partielle peut encore être marquée par des pronoms indéfinis comme « aucun, rien, personne, nul », ou les déterminants indéfinis « aucun, nul ».

Personne n’a compris. (La négation porte sur le sujet, pas forcément sur le verbe, quelque chose a pu se passer).

Il ne croit aucun homme politique. (La négation porte sur le COD. Il peut croire d’autres personnes. Attention! Derrière aucun, pas de pluriel!!!)

La négation restrictive.

« ne…que » est une négation restrictive, donc pas une négation au sens propre, puisque la locution signifie « seulement ». Le « ne » est placé devant le verbe ou les pronoms compléments placés devant le verbe, et le « que » placé devant le mot restreint.

Il n’a que ses yeux pour pleurer. ( Il lui reste évidemment tout le reste pour tout faire à part pleurer).

Quand « ne…que » s’emploie avec « pas » ou « point », c’est pour insister sur le positif. Alors, la négation s’annule totalement.

Il n’a pas que des défauts.( il a donc des qualités. C’est une litote d’ailleurs)

Les emplois spécifiques de « ne » seul, de « non », de « ni ».

  « ne » seul.

– « ne » s’emploie seul dans certaines expressions: Ne vous déplaise. Il n’en a cure. (Il n’en a rien à faire)…

– quand une phrase débute par l’adverbe interrogatif ou exclamatif « Que »:

Que n’ai-je suivi son conseil? (Pourquoi je n’ai pas suivi son conseil?)

– avec « avoir » et « savoir » (idée d’incertitude) suivis de « que » et d’un verbe à l’infinitif:

Je n’ai que faire de ses conseils. (Je n’en ai rien à faire de ses conseils)

Je ne sais que penser de ses conseils.(je ne sais pas quoi penser de ses conseils)

– De manière facultative avec les verbes « oser, cesser, pouvoir, avoir gardé et la forme impersonnelle de importer »:

Je n’ose penser à demain.(Je n’ose pas penser à demain, possible aussi)

Il n’importe. (Il n’importe pas, possible aussi. C est à dire, ce n’est pas important)

– de manière facultative après les locutions « avant que » et « à moins que »:

A moins qu’il ne s’excuse, je ne lui parle plus.

Avant qu’il ne parte, vérifie qu’il prenne bien son goûter.

– le « ne » explétif: il sert à insister sur une idée. Il s’emploie de manière facultative aussi dans les propositions complétives introduites par « que » après des verbes exprimant la crainte, le doute, les constructions verbales « éviter que », « empêcher que » et des comparatifs:

Je crains qu’il ne se blesse.(je crains qu’il se blesse, possible aussi)

J’évite qu’il ne soit en retard. (J’évite qu’il soit en retard, possible aussi)

Je l’ai vu meilleur qu’il n’est. (Je l’ai vu meilleur qu’il est, possible aussi)

Le « non »:

– l’adverbe « non » peut s’employer comme réponse négative:

As-tu faim? Non. (Comme mot-phrase)

As-tu du chocolat? Non, il ne m’en reste plus. (Juxtaposé)

– il sert à exclure un mot juxtaposé ou coordonné:

Je viens pour les gâteaux et non pour les pizzas.

– il peut enfin être employé comme préfixe (et donc n’est plus adverbe) (avec un trait d’union):

C’est une non-réponse. ( ce n’est pas une réponse)

 « ni…,ni… »:

– le « ni » (conjonction de coordination) s’emploie toujours avec « ne » et se place devant des mots ou groupes de mots qui se suivent:

Je ne crois ni à la victoire du PSG, ni à celle de Valence, ni à celle de Chelsea.

Enfin, la double négation sert à exposer une affirmation en insistant dessus:

Il ne faut pas ne pas essayer = il faut essayer.

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