Genre littéraire : utopie/dystopie.

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Genre littéraire : utopie/dystopie.

Une utopie au sens premier est un pays imaginaire où tout va pour le mieux. Le contraire, la dystopie présente une situation imaginaire cauchemardesque, avec un gouvernement totalitaire qui contrôle étroitement la société et empêche les libertés individuelles de s’exercer.

L’humaniste Thomas More (1478-1535) invente le terme dans son œuvre Utopia (1516) pour nommer le lieu fictif, l’île où se situe sa cité idéale: une République bien gouvernée et une ville moderne et agréable à vivre. Si le terme provient donc du XVI ème siècle, d’autres utopies ont pu exister avant comme La République (-376) de Platon, dans laquelle le philosophe expose sa vision d’une cité idéale. Le jardin d’Eden constitue aussi une utopie, avec une vie douce et facile.

C’est cependant à partir de l’humanisme au XVI ème siècle et de la découverte des Amériques que le genre va vraiment se développer. Les interrogations et les fantasmes sur le Nouveau Monde vont nourrir l’imaginaire des auteurs (notamment le fameux mythe de l’Eldorado, la cité d’or). De manière générale, l’utopie vise à proposer un modèle de civilisation, de société, de gouvernement, et en miroir à faire réfléchir sur l’époque contemporaine de l’oeuvre. Au XVI ème siècle, l’Anglais Thomas More avec Utopia déjà citée, ou Rabelais dans Gargantua (1534) avec « l’abbaye de Thélème » sont des exemples d’utopie.

Au XVII ème et XVIII ème siècle, le genre continue. La Cité du soleil de Campanella (1623) s’inspire pour la forme des dialogues dans La République de Platon, et de More pour le lieu de l’île imaginaire. En 1627 paraît La Nouvelle Atlantide de Bacon et devient vite un succès. En 1655, la fantaisie et l’imaginaire vont encore plus loin avec les Histoires comiques des États et Empires de la Lune de Cyrano de Bergerac (l’auteur et non le personnage de théâtre). Le paradis est situé sur la Lune, à l’époque évidement inaccessible. On trouve aussi des traces d’utopie dans Les Lettres persanes de Montesquieu (1721) dans le passage « Les Bons Troglodytes », ou dans Candide de Voltaire (1758) dans les chapitres sur l’Eldorado. Bernardin de Saint-Pierre en 1781 écrit L’Arcadie pour y présenter sa République idéale. (L’Arcadie est une région de la Grèce située dans le Péloponnèse, et qui était célébrée à la Renaissance comme une terre d’harmonie et d’amour). Les utopies du XIX ème siècle prennent un tournant clairement politique et social à l’image de Le Nouveau Monde amoureux de Charles Fournier en 1816 ou Le Nouveau Monde industriel et sociétaire… en 1829. Il a poussé très loin la description de son utopie communautaire avec le phalanstère, sorte de communauté idéale. D’ailleurs, après sa mort en 1837, plusieurs personnes essaieront de mettre en pratique son utopie.

Avec le XX ème siècle, l’utopie laisse peu à peu la place à la science-fiction, qui plonge le lecteur dans un ailleurs temporel (loin dans le futur) et dans l’espace. La dystopie, par contre, prend le relais. Le temps des régimes totalitaires (communiste et fasciste) offre une inspiration certaine pour dépeindre des sociétés infernales, cauchemardesques qui écrasent les individus. La dystopie la plus célèbre reste sans aucun doute celle de George Orwell 1984 (1949) (avec le fameux Big Brother) ou Le Meilleur des mondes (1932) d’Aldous Huxley. Aujourd’hui encore, la dystopie est populaire. L’oeuvre de Margaret Atwood, La Servante écarlate, adaptée en série à succès, en est un bon exemple.

A noter que l’utopie ou la dystopie s’expriment sous différentes formes littéraires: dialogue, roman, vers même parfois… et que la dystopie emprunte souvent le chemin de l’anticipation, de la description d’un futur proche.

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