Épitaphe amoureuse : la rencontre.👩‍❤️‍👨

Prose poétique, épitaphe amoureuse (2): La rencontre. 👩‍❤️‍👨

La rencontre.

La destinĂ©e des aimĂ©s peut prendre son temps, ou se dĂ©cider en une seule journĂ©e. En fouillant dans les Ă©boulements actuels, j’ai dĂ©terrĂ© une orbe de beautĂ© elfique, le hasard magnifique d’un jour de Juillet 2005. Je me souviens…

Convocation de sensations et d’émotions, rationalité errante, combattante des démons, je te chasse un instant pour réussir du passé l’invocation! Je la revois ce jour-là. Je ne la connais pas encore. Elle n’est pas encore cette femme baudelairienne parée de mépris et d’or. Belle telle une hirondelle annonçant le printemps, elle a ses joues pleines qui disent des histoires de danses de gitans. Ses yeux agiles et bridés nourrissaient déjà d’une lumière subtile d’un soleil couchant rosé la rosée sentimentale abandonnée de mon âme romantique.

Une première rencontre plus que prosaïque, si le hasard, gémeau équivoque et diabolique, ne s’était mêlé à nous rapprocher. Nous nous sommes rencontrés dans les livres, il ne pouvait en être autrement, nous les dévorons. Elle en fait des murs tangibles et inconscients qui construisent sa tanière, la sécurité de sa maison. Pour moi un équipage, ils me mènent tantôt en voyage, tantôt en apprentissage. Elle lit pour ressentir et se rassurer, je lis pour m’évader et douter. Nos motivations dissemblables n’empêchent que nous estimons Molière, Aragon, Yourcenar, Camus, ou Michaux comme des compagnons délectables.

Les livres dont nous sommes ivres se sont avec les annĂ©es accumulĂ©s, elle ne cesse d’en dĂ©nicher de nouveaux. Elle adore les titres Ă©sotĂ©riques de ceux qui impliquent le mystère ou les imbrications mĂ©morielles et psychologiques. Elle annote souvent la première page d’une date, d’une signature, d’un mot. Ainsi, le livre lui appartient, il est sien. Elle ne les corne pas, elle a trop de respect pour eux. Avec soin, elle utilise des marque-pages. Si elle pouvait en d’autres endroits ĂŞtre aussi sage…

Nous nous sommes rencontrés dans les livres, dans une bibliothèque, par un bel après-midi de Juillet. La tour de verre Est de la bibliothèque nationale de France monte des jardins intérieurs aux cieux du 13 ème arrondissement. Devant l’entrée, elle garde même en été à l’ombre une plate-forme où viennent fumer et discuter les étudiants un café à la main pour faire une pause dans leurs recherches et révisions. C’était mon cas, je discutais avec mon cousin, un ami, un second frère pour moi, un joyeux drille avec qui je passais le plus clair de mon temps dans ces années-là.

De quel sujet parlions-nous? De mon mĂ©moire d’histoire byzantine que je terminais, des Ĺ“uvres de philosophie qu’il consultait, ou de politique et de la marche du monde, comme nous prenons encore souvent plaisir Ă  le faire. Peut-ĂŞtre mĂŞme d’une fille que nous avions remarquĂ©e… Elle vint nous aborder avec le sourire, sourire qui constituait ,pour moi il y a peu encore, un petit bonheur tout simple, mais Ă´ combien prĂ©cieux. Évidemment, elle souhaitait une cigarette. Je lui en offris une, et tous les trois, nous continuâmes la discussion engagĂ©e. Durant le reste de la journĂ©e, nous nous revĂ®mes Ă  plusieurs occasions pour la mĂŞme occupation. Je ne doutais pas un seul instant que ce hasard fortuit serait le dĂ©but de quinze annĂ©es de vie commune, mĂŞme d’une seule annĂ©e!

De fugitives conversations, deux cousins, une jeune fille qui fument, 26, 23 et 19 ans, que la vie paraissait facile à présent. Or, cette époque-là n’était pourtant pas la plus facile de ma vie, bien qu’elle paraisse maintenant douce comme le miel. Étrange contraste de la mémoire que d’idéaliser les moments précurseurs du bonheur, alors qu’il n’existait pas au moment-même.

Ce fut donc la première fois que je la vis. Et si je me souviens de cette journĂ©e avec autant d’acuitĂ©, ce n’est pas juste parce que comme un fou je l’ai ensuite aimĂ©e, c’est aussi parce que l’après-midi passĂ©, quand chacun se rendait vers la soirĂ©e qui l’attendait, la rencontre n’était en fait pas encore terminĂ©e.(A suivre…)

Si vous le souhaitez, prenez 1 minute pour lire cet article et peut-être m’aider dans ma mission d’amour: Je lance un appel aux forces de l’amour! Faites circuler les poésies d’amour de lescoursjulien.com 👩‍❤️‍👨

lescoursjulien.com

Twitter:@lescoursjulien

Contact: lescoursjulien@yahoo.fr

2 commentaires sur “Épitaphe amoureuse : la rencontre.👩‍❤️‍👨”

  1. Ping : Les poésies d’amour, une communication et un appel❤️ - Les Cours Julien

  2. Ping : L et J, Épitaphe amoureuse (1): Le Prologue. - Les Cours Julien

Laisser un commentaire