Citations célèbres: « L’existence des voisins est la seule défense des nations contre une perpétuelle guerre civile », Paul Valéry.

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Citation célèbre: « L’existence des voisins est la seule défense des nations contre une perpétuelle guerre civile », Regards sur le monde actuel, Paul Valéry, 1931.

Il s’agit déjà de remettre cette citation dans le contexte de l’entre-deux guerres et de la montée des tensions en Europe entre les grandes puissances. Pacifiste, ardent défenseur de la construction européenne ,aux côtés d’autres grandes figures intellectuelles comme Jean Monnet, Aristide Briand, Paul Claudel ou Jules Romains, le poète et philosophe a  la guerre en horreur.

Il donne une raison des guerres entre pays dans cette citation. La guerre permet de déporter les tensions internes sur l’extérieur. Ainsi, il apparaît plus simple d’accuser le pays voisins des maux qui minent la société plutôt que de réaliser un examen de conscience. Le pays voisin paraît un bouc-émissaire tout désigné.

De plus, les violences d’une société peuvent être canalisées vers l’extérieur. Évidemment, ici Paul Valéry fait part de l’intolérance et des préjugés qui existent contre l’étranger pour en faire un ennemi. Il pointe aussi la responsabilité des hommes politiques, qui au lieu de remettre en cause leur gouvernance, préfèrent insister sur les responsabilités du voisin, cible facile.

Dans le contexte des années 30, qui voient la montée du fascisme, la France est divisée et connaît une vie politique violente (d’où les craintes de guerre civile) dont le 6 Mars 1934 (manifestations des ligues d’extrême-droite qui se termine dans un bain de sang) constitue l’épisode le plus symbolique. Alors, il prévient que les divisions internes seront peut-être masquées par la désignation d’un ennemi commun: le pays voisin, l’autre.

Enfin, la portée philosophique de la citation incite peu à l’optimisme sur la nature humaine. Paul Valéry la voit comme violente, puisque au-delà du contexte de son époque, il parle de « guerre civile perpétuelle », comme si elle était inévitable et intemporelle. Il pense que l’être humain ne peut vivre pacifiquement en société. Il rejoint donc une pensée philosophique pessimiste sur l’homme simplement énoncé par Thomas Hobbes au XVII eme siècle : « L’homme est un loup pour l’homme ». Ce constat de violence inhérente à l’espèce humaine vient d’ailleurs d’encore plus loin, de Plaute (écrivain et dramaturge latin) au IIeme siècle av J-C, et est encore partagé par Montaigne au XVI eme ou Spinoza au XVII eme siècle.

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