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Candide, chapitre 30 (XXX), « il faut bien cultiver notre jardin », excipit, Voltaire, commentaire

 

Candide, chapitre 30 (XXX), excipit, « il faut cultiver son jardin » Voltaire, 1759

 

 

 

Vous savez…
– Je sais aussi, dit Candide, qu’il faut cultiver notre jardin.
– Vous avez raison, dit Pangloss : car, quand l’homme fut mis dans le jardin d’Éden, il y fut mis ut operaretur eum, pour qu’il travaillât, ce qui prouve que l’homme n’est pas né pour le repos.
– Travaillons sans raisonner, dit Martin ; c’est le seul moyen de rendre la vie supportable. »

Toute la petite société entra dans ce louable dessein ; chacun se mit à exercer ses talents. La petite terre rapporta beaucoup. Cunégonde était à la vérité bien laide ; mais elle devint une excellente pâtissière ; Paquette broda ; la vieille eut soin du linge. Il n’y eut pas jusqu’à frère Giroflée qui ne rendît service ; il fut un très bon menuisier, et même devint honnête homme ; et Pangloss disait quelquefois à Candide : « Tous les événements sont enchaînés dans le meilleur des mondes possibles ; car enfin, si vous n’aviez pas été chassé d’un beau château à grands coups de pied dans le derrière pour l’amour de Mlle Cunégonde, si vous n’aviez pas été mis à l’Inquisition, si vous n’aviez pas couru l’Amérique à pied, si vous n’aviez pas donné un bon coup d’épée au baron, si vous n’aviez pas perdu tous vos moutons du bon pays d’Eldorado, vous ne mangeriez pas ici des cédrats confits et des pistaches.
– Cela est bien dit, répondit Candide, mais il faut cultiver notre jardin. »

 

 

Exemple d’un plan de commentaire avec introduction et conclusion de lafin de Candide, de Voltaire, 1759.

(ceci n’est évidemment pas un modèle, mais un exemple. Votre réflexion personnelle peut mener vers d’autres pistes de lecture).

 

 

Introduction :

 

Candide paraît en 1759. Cet ouvrage fait partie de la lignée des contes philosophiques que Voltaire écrit comme Micomégas ou Zadig. A travers des histoires irréelles, l’auteur nous livre une vision sur son monde et son époque. La forme de l’apologue imaginaire lui permet d’éviter une censure pointilleuse et lui permet de plaire au lecteur avant de l’instruire par ses réflexions. (contexte littéraire et auteur)

Candide conte l’histoire du héros éponyme (qui s’appelle Candide aussi, comme le titre de l’oeuvre) qui traverse de multiples épreuves sur plusieurs continents avant de retrouver son amoureuse (Cunégonde), et la tranquillité. Entre-temps, il s’est fait une idée plus précise du monde et des hommes, en découvrant des civilisations différentes, et des comportements parfois trop semblables (comme la méchanceté, la malhonnêteté, le fanatisme, l’égoïsme, la cupidité…). Candide est aussi un roman d’apprentissage qui nous montre un innocent qui découvre les bassesses humaines. (résumé de l’oeuvre en cas d’étude de l’oeuvre intégrale en classe)
Ces dernières lignes de Candide s’articulent autour d’un dialogue philosophique entre Candide et Pangloss, avec une description de la vie de la petite communauté dans la métairie. Cet excipit clôt le livre et rappelle la fonction d’apologue de Candide en donnant une morale au conte. (présentation du passage)

De quelle manière Voltaire termine-t-il son oeuvre ? (problématique)

Nous montrerons en deux temps que cette fin est vivante, et que l’auteur construit ici une utopie ironique afin de mettre une dernière fois en avant sa philosophie. (annonce du plan)

 

(introduction en quatre parties : informations sur l’auteur et l’oeuvre, présentation du passage, problématique, annonce du plan).

 

 

I- Un excipit vivant.

 

(phrase d’introduction de la partie avec rappel du thème lors de la rédaction)

 

a) Un passage rythmé.

 

  • tout d’abord, présence majoritaire du discours direct et du dialogue, juste coupée par une courte description de cinq lignes.
  • Trois personnages s’expriment avec des phrases courtes, sauf Pangloss, qui rythme néanmoins sa longue phrase avec l’anaphore « si vous n’aviez pas »
  • Multitude de personnages qui construisent un décor vivant : Paquette, Martin, Père Giroflée, Candide, Pangloss, Cunégonde.

 

b) Une synthèse finale de l’histoire.

 

  • Présence de tous les personnages principaux.
  • Résumé et synthèse des aventures de Candide fait par Pangloss : « Tous les événements sont enchaînés… »
  • Situation finale du héros éponyme qui est installé et paraît ne plus devoir bouger après toutes ses pérégrinations.

 

c) Une morale.

 

Répétition de la phrase en début et fin de passage « il faut cultiver notre jardin ». Présent de vérité générale, posant la morale explicite.

Mise en avant du travail, mais aussi métaphoriquement de l’apprentissage et de la connaissance.

Signification:compter avant tout sur soi-même au milieu de ce monde cruel, apaisement pour Candide après toutes ses péripéties, de plus le jardin représente aussi l’activité favorite de Voltaire à l’époque qui y passait beaucoup de temps.

 

(phrase de conclusion/transition de la partie lors de la rédaction)

 

II- Une fin utopique et ironique.

 

(phrase d’introduction de la partie avec rappel du thème lors de la rédaction)

 

a) Une communauté traditionnelle.

 

  • description d’une communauté solidaire, où chacun par le travail trouve sa place : énumération des activités des différents personnages dans le second paragraphe.
  • Réalisation de chacun par son activité, hyperboles le montrent : « excellente pâtissière », « très bon menuisier ». Tr avail est la valeur principale, montrée d’ailleurs par l’abandon des longues discussions de la part de Candide qui interrompt Pangloss.
  • Communauté traditionnelle avec le rapport à la terre « La petite terre rapporta beaucoup », vision typique à l’époque de la femme avec Cunégonde qui fait la cuisine, la vieille qui s’occupe du linge, Paquette qui brode, pendant que les hommes ont des activités manuelles de force : menuisier ou agriculteur.

 

b) La vision voltairienne de l’Eglise.

 

  • ironie sur le frère Giroflée : il travaille, alors qu’avant il n’avait pas d’activité (critique du clergé), « devint honnête homme » (sous-entend qu’il ne l’était pas avant quand il était ecclésiastique, de plus encore dénonciation de la malhonnêteté du clergé)
  • référence religieuse par son métier à Joseph (mari de Marie, père de Jésus) qui était menuisier.
  • Enfin, utopie qui est une vision personnelle de Voltaire du jardin d’Eden, où l’homme ne travaillait pas. Pour Voltaire, le bonheur se situe dans le travail, et non dans l’oisiveté.

 

c) La défaite de la philosophie de l’optimisme.

 

  • communauté égalitaire paraît être un meilleur monde que la baronnie de Vestphalie du début. (en creux d’ailleurs critique de l’aristocratie)
  • renversement des rôles entre Candide et Pangloss, qui n’est plus considéré comme un maître à penser par Candide, car il l’interrompt (au début) puis le contredit à la fin, « mais », qui marque son opposition avec le raisonnement sur les causes et les effets.
  • Ironie marquée aussi par la formule « Cela est bien dit » (Candide n’adhère donc pas à l’opinion de Pangloss).
  • Absurdité de la philosophie de l’optimisme de Leibnitz montrée une dernière fois par l’énumération absurde de Pangloss qui cherche à démontrer que le hasard crée le meilleur des mondes et que l’optimisme doit être donc toujours de mise, alors qu’il ne vient d’énumérer que des mésaventures.

 

(phrase de conclusion de la partie lors de la rédaction)

 

 

Conclusion :

 

A travers cet excipit, Voltaire nous rappelle les péripéties de Candide et le caractère merveilleux du livre. La présence des personnages principaux, ainsi que d’une morale offre une fin classique et vivante à l’apologue. Il termine aussi en remettant une dernière fois en avant ses opinions sur l’Eglise et la philosophie de Leibnitz, en les critiquant avec ironie.(reprise des conclusions partielles et réponse à l’annonce du plan)

Il laisse un message fort en faveur du travail, qui constitue pour lui la valeur principale de la société, du vivre-ensemble. Ainsi, après toutes ses aventures, Candide en revient à la simplicité et à l’activité manuelle, délaissant la philosophie. (réponse à la problématique)

La fin du conte répond en miroir à l’incipit par un renversement de situation. Pangloss n’est plus le modèle de Candide, la société inégalitaire aristocratique s’est transformée en communauté solidaire de travailleurs. (ouverture)

 

(conclusion avec réponse à l’annonce de plan, réponse à la problématique et ouverture)

 

4 pensées sur “Candide, chapitre 30 (XXX), « il faut bien cultiver notre jardin », excipit, Voltaire, commentaire

  • février 28, 2014 à 4:10
    Permalink

    Je ne pense pas que la morale « Il faut cultiver son jardin » soit une morale, c’est encore un coup ironique de Voltaire… Car cela ne veut rien dire du tout hors contexte de plus je crois qu’elle tirée par Panglos… Je pense que la vraie morale est celle dite par le vieux Musulman « Le travail éloigne de nous trois grands mots, L’ennui, le vice et le besoin » non ?
    après je suis une élève je sais pas trop (:

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    • février 28, 2014 à 4:56
      Permalink

      La morale « il faut cultiver son jardin » possède plusieurs sens.
      Tout d’abord, celui de travailler. Cultiver était à l’époque l’acitvité la plus répandue. Ce travail éloigne donc de l’oisiveté.
      Ensuite, Voltaire parle évidemment d’un jardin plus spirituel. Il sous-entend qu’il faut cultiver sa connaissance, son savoir. Et c’est évidemment un résumé de l’oeuvre, qui est en partie une oeuvre initiatique. Candide découvre le monde, et se découvre à travers ses aventures.
      Enfin, à l’époque de l’écriture de Candide, Voltaire passait beaucoup de temps à cultiver son jardin. c’était devenu pour lui une sorte de passion.

      Concernant le travail, cher à Voltaire et aux philosophes anglais, il est évidemment central dans la morale qui est résumée dans la phrase « il faut cultiver son jardin », mais qui se développe durant tout le dernier chapitre.
      en espérant avoir répondu à la question.

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