L et J, Une histoire sentimentale(22): Épitaphe amoureuse, Un ex-libris, un choc, épisode 21❤️

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L et J Une histoire sentimentale: Un ex-libris un choc épisode 22❤

Les semaines qui suivirent restent énigmatiques. Je ne sais où elle vécut, ni comment. Revenue de Rome (je ne l’ai su que bien après), elle débarqua en furie un mercredi après-midi. En colère contre moi, contre l’autre peut-être, contre le monde entier certainement, elle revint pour chercher des papiers dans l’appartement. Notre conversation fut brève. J’étais l’homme le pire du monde pour l’avoir éjecté de notre appartement. Les faits la contredisent, mais elle en est toujours persuadé. Je rappelle aux âmes vives que je m’attendais à ce qu’elle revienne le dimanche précédent. Je ne savais pas évidemment qu’elle était à Rome avec son amant. Et je n’avais aucune information sur ses prises de décision. Je ne l’ai pas virée, elle est partie. Et depuis, elle m’en veut, comme si je l’avais mise en enfer à cette période.

Passée en coup de vent, après m’avoir craché tout un sac de venin de serpent, elle disparut. Je ne pris pas de nouvelles. Nous nous croisâmes dix jours plus tard. Elle repassa prendre des affaires de sport. Mis au courant quelques minutes avant, je devais à ce moment repasser chez nous. Pas de bonjour, pas un mot échangé, je me lavai les dents et le visage, et repartis directement. J’avais un dimanche chez des amis. Elle avait pleuré, elle avait les yeux rougis.

Puis, arriva le choc de l’ex-libris. Un soir, par inadvertance, je choisis un livre pour y trouver une citation, un bon mot. Vous le savez, je pense, je travaille la littérature. Ce soir-là, je tombai par geste, par coïncidence sur la « philosophie de la danse » de Paul Valéry, qui parle peu de danse et beaucoup de philosophie. Je vis sur la deuxième de couverture un ex-libris, une signature. Trois lettres qui indiquaient un nom, pas le mien ni un ami de renom.

Je dépliai tous ses livres ensuite et en trouvai une vingtaine sur le même modèle. L’évidence me frappa, je vécus avec les totems de son amant jusque dans ma chambre pendant je ne sais combien de mois. J’eus la maigre présence d’esprit de saisir que ces livres de lui impliquaient une quantité d’autres objets, chez nous, dans notre chambre à coucher.

Un ex-libris avec son surnom illuminait une vingtaine de livres dans ma maison, marqués sur la page de garde sans aucune prévention, sans aucune mise en garde. Un de ces livres je l’eus un soir entre mes mains. Elle aimait que je lui fasse la lecture. Elle aimait mon timbre, elle aimait ma voix. Un de ces livres maudits, elle me le mit dans notre lit entre mes mains. Elle le lisait, elle me le tendit, je poursuivis la lecture, heureux de lui faire plaisir. Nous eûmes des sarcasmes sur l’auteure danoise. Elle fut ravie de ma lecture et de mon analyse qu’elle partageait. Le livre venait de lui, le livre avait son surnom. Et elle me l’avait tendu…

Les livres ont toujours été importants pour nous. Quand je lisais tard le soir, elle me le reprochait. Les livres qu’elle achetait ces dernières années, je ne le lisais pas, ceux d’avant je les dévorais. J’aurais dû me méfier.

En une soirée, j’ai découvert une vingtaine de livres avec son surnom en deuxième de couverture écrit au stylo. Ils étaient tous dans notre chambre à coucher. Trois semaines après avoir découvert qu’elle me trompait, j’étais face à un temple construit chez moi. Ce fut de loin le pire, une gangue, une seconde peau malsaine qui m’enferma. Et je ne savais encore tous les Jérôme, les Pierre, les Victor, les Julien et les autres…

Je ne sus que faire de ces livres. Je les pris, les mis dans un sac, et les rangeai dans un placard. Je dormis peu, me levai à quatre heures du matin. Pendant cinq heures, je réfléchis. A neuf heures, je demandai conseil. Pas de réponse. J’avais déjà pris ma décision. J’ai jeté une vingtaine de livres. Je n’ai pas aimé. J’aime les livres, je n’aime pas en jeter. Mais là, tous ces coups de poignards contre moi…

Dans ma précipitation j’en fis tomber quelques-uns, notamment celui qu’elle avait mis entre mes mains pour la lecture. Elle doit l’avoir toujours, ils doivent se gausser tous les jours. Ces livres, elle m’en voudra jusqu’à la fin de sa vie. Pour moi, cette découverte fut la pire de la mienne. Elle a couché partout dans tous les lieux, toutes les positions avec des sex toys à foison, et elle avait raison du moment que nous n’étions plus ensemble. Mais je ne le savais pas, et le soir elle était à côté de moi… Mais des livres avec le surnom de l’autre dans notre chambre à coucher….rien n’aurait pu plus me choquer. Je n’ai pas toujours été parfait, mais toujours et tous les jours, je l’ai aimée. (À suivre…)

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