Histoire littéraire (1): l’Académie française.

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Histoire littéraire (1): l’Académie française.

A partir de la fin de la Renaissance au XVI ème siècle, des académies se créent en Europe, surtout en Italie. Elles ont vocation à rassembler les connaissances sur différents domaines (langue, arts, sciences surtout), à codifier, à débattre et à émettre des avis. Elles sont constituées de personnalités importantes, la plupart concernées par le domaine de spécialité de l’Académie.

La référence est évidemment celle de l’Académie de philosophie fondée par Platon en -387 dans l’Athènes antique. C’est en accompagnant ce mouvement humaniste que Baïf décide de fonder un cercle restreint, L’Académie de musique et de poésie, en 1570. En 1574, ce groupe obtient une reconnaissance officielle avec sa transformation en « Académie du palais » sous Henri III. Baïram reprenait le concept de La Pléiade dont il faisait partie avec son ami Ronsard.

Sur ce premier modèle, un cercle d’écrivains et d’intellectuels se réunit à partir de 1629 chez Valentin Conrart une fois par semaine à Paris. Ces personnalités intéressent le cardinal Richelieu, protecteur des arts et des lettres, Ils souhaitent les prendre sous son aile. Et c’est à son initiative qu’est créée l’Académie française en 1635. Les neuf personnalités initiales deviennent rapidement quarante en 1639 sur la demande du cardinal.

Les statuts de l’Académie sont rédigés par les intéressés, et soumis à l’approbation du cardinal. Si Louis XIII signe évidemment les lettres de patente permettant la création de l’institution, c’est à Richelieu qu’on la doit. La mission de l’Académie française est de se préoccuper de la langue française, d’augmenter son prestige, de la tenir éloignée de la vulgarité populaire. Les membres , les « éternels » sont élus par leurs pairs. Ils se donnent comme buts initiaux de rédiger un dictionnaire, une grammaire, une poétique et une rhétorique. Nous sentons l’influence des Anciens dans ce programme.

Seuls le dictionnaire et la grammaire voient le jour. Le premier dictionnaire de l’Académie paraît en 1694. Il est cependant déjà concurrencé par celui de Furetière de 1690, lui-même académicien, mais exclus pour avoir fait de l’ombre au dictionnaire de l’Académie, moins complet, et surtout ignorant de la langue populaire. Concentrée sur le « bon usage », « la langue des honnêtes gens », des gentilshommes, l’Académie délaisse une langue plus vivante. Le dictionnaire continue avec des mises à jour et des rééditions à fournir encore aujourd’hui le point de vue de l’institution sur la langue française. La grammaire est achevée en 1932. Les deux autres travaux (poétique et rhétorique) sont restés à l’état de vœux.

L’Académie est aussi sollicitée pour donner son avis sur des querelles littéraires, notamment celle du Cid en 1637, sur demande de Richelieu, qui souhaite protéger Corneille. L’Académie remet encore des prix littéraire.

Aujourd’hui, l’Académie comprend toujours quarante « immortels », qui débattent de la langue, de son évolution. Elle fixe le bon usage, comme celui de dire « la COVID » et non « le COVID »;-) Parfois, depuis le XIX ème siècle, on peut lui reprocher « son académisme », son manque de progressisme. Ainsi, le terme « académisme » est devenu avec le temps péjoratif.

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