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Quand le ciel bas et lourd, Spleen LXXVIII, commentaire, Les Fleurs du Mal, Baudelaire, 1857

Contact:lescoursjulien@yahoo.fr

 


Spleen – LXXVIII

« Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle »

 

Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l’esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l’horizon embrassant tout le cercle
Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits ;

Quand la terre est changée en un cachot humide,
Où l’Espérance, comme une chauve-souris,
S’en va battant les murs de son aile timide
Et se cognant la tête à des plafonds pourris ;

Quand la pluie étalant ses immenses traînées
D’une vaste prison imite les barreaux,
Et qu’un peuple muet d’infâmes araignées
Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,

Des cloches tout à coup sautent avec furie
Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,
Ainsi que des esprits errants et sans patrie
Qui se mettent à geindre opiniâtrement.

– Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme ; l’Espoir,
Vaincu, pleure, et l’Angoisse atroce, despotique,
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.

 

 

Exemple d’un plan de commentaire avec introduction et conclusion du« Spleen LXXVIII », Les Fleurs du Mal, Baudelaire, 1857.

(Ceci est un exemple, et non un modèle. Votre réflexion personnelle peut évidemment mener à d’autres pistes de lecture).

 

Introduction :

 

Baudelaire, poète de la modernité, publie son grand recueil Les Fleurs du mal en 1857. Il expérimente en passant du romantisme, au mouvement parnassien, puis en insufflant le symbolisme. De même, il remet au goût du jour la forme oubliée du sonnet, et popularise le poème en prose (Spleen de Paris, 1869). Il mène une vie de tourments et de difficultés dont l’angoisse se retrouve dans son concept central du Spleen (humeur dépressive). (accroche avec informations sur l’auteur).

D’ailleurs ce poème est un des quatre qui porte le titre de Spleen. Le poète nous immerge dans un moment de sa vie douloureux, dépressif où il se sent emprisonné par son environnement jusqu’à succomber au désespoir. (présentation du texte)

Comment Baudelaire montre-t-il la montée du Spleen dans ce poème ? (problématique)

Dans un premier temps, nous les caractères angoissants de l’environnement du poète, avant de montrer la progression inéluctable du Spleen. (annonce du plan).

 

(introduction en quatre parties avec l’accroche, la présentation du texte, la problématique et l’annonce du plan).

 

I- Un environnement inquiétant.

(phrase d’introduction de la partie avec rappel du thème lors de la rédaction)

 

a) une nature hostile.

 

  • les trois premières strophes se concentrent sur trois éléments primaires : le ciel, la terre et l’eau (la pluie), chacun exposé au début de chaque strophe.
  • Description d’un temps d’orage : « le ciel bas et lourd »(v.1), « la terre est changé en un cachot humide »(v.5), « pluie étalant ses immenses traînées »(v.9). Donc un ciel très nuageux et une pluie importante.
  • De plus, oxymore décrivant temps d’orage : « un jour noir »(v.4), et son du tonnerre « un affreux hurlement »(v.14)
  • l’orage gronde et empêche le poète de sortir.

 

b) La métaphore filée de la prison.

 

  • Sensation d’enfermement présente dès la première strophe : comparaison « comme un couvercle » (v.1), « l’horizon embrassant tout le cercle »(v.3), impression d’être dans un lieu fermé, avec utilisation contraire d’horizon par rapport au sens habituel, ici limite quand d’habitude évoque la liberté.
  • Champ lexical développé de la prison dans les deux strophes suivantes : « cachot »(v.5), « prison », « barreaux »(v.10),
  • Comme dans une prison, évasion paraît impossible : « battant les murs »(v.7), « cognant la tête à des plafonds »(v.9), il est pris au piège « ses filets »(v.12).

 

c) Un registre fantastique effrayant.

 

  • atmosphère chaotique initiée par le bestiaire d’animaux démoniaques : « chauve-souris »(v.6), « infâmes araignées »(v.11)
  • personnification des cloches dans une troisième strophe tournée vers le fantastique : « Des cloches […]un affreux hurlement »(v.13-14), dernier appel à Dieu qui ne fonctionne pas.
  • Créatures de l’enfer gagnent : « des esprits errants et sans patrie »(v.15), périphrase pour décrire des fantômes, des mort-vivant, qui sortent des tombes, du cimetière (proche de l’église). Le mal triomphe.

 

(phrase de conclusion/transition de la partie lors de la rédaction).

 

II- La progression du Spleen.

(phrase d’introduction avec rappel du thème de la partie lors de la rédaction)

 

a) Le malaise des sensations physiques.

 

  • malaise dû à l’humidité : répétition dans la deuxième strophe « humide »(v.5 et 7), mis en avant par la répétition aussi de la même rime avec le même mot. Eau omniprésente « verse »(v.4), « pluie »(v.9), elle corrompt l’atmosphère « plafonds pourris »(v.8).
  • Bruits stridents et désagréables : « gémissant »(v.2), « affreux hurlement »(v.14), « geindre »(v.16), évoquent la douleur, et mènent au mal de tête « Et se cognant la tête »(v.8).
  • Impression de martèlement avec l’anaphore « Quand » présente en chaque début de strophe. Rythme lancinant qui s’imprime peu à peu dans le cerveau comme une migraine. Strophes de même taille qui renforce cette impression, et crée une monotonie douloureuse.

 

b) Une progression par étapes.

 

  • poème découpé en cinq strophes avec les trois premières centrées sur la réalité (un temps orageux) et les deux dernières qui glissent vers le fantastique : les « esprits errants », et les personnifications de la dernière strophe avec « l’Espoir, /Vaincu, pleure, et l’Angoisse, atroce, despotique » (v.18-19).
  • Rapprochement progressif de l’environnement vers le poète, cercles de plus en plus proches, prison de plus en plus petite, enfermement de plus en plus serré : on passe de la nature extérieure (« l’horizon »(v.3), à un intérieur (une maison, ou une pièce, « plafonds pourris »(v.8)) et enfin à l’intérieur de l’esprit du poète (« nos cerveaux »v.12, « Sur mon crâne »v.20)
  • Enfin, progression d’un état d’âme maussade vers la folie et le désespoir : « en proie aux longs ennuis »(v.2), « Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux »(v.12), visions cauchemardesques et hallucinations de la quatrième strophe, et désespoir « l’Espoir/Vaincu.. »(v.18-19).

 

c) Une chute lyrique et tragique.

 

  • dévoilement du poète et du caractère lyrique du texte dans la dernière strophe : prise de parole avec la marque du discours direct « – » (v.17), répétition du possessif à la première personne du singulier « mon »(v.18, 20).
  • évocation de la mort : « Et de longs corbillards… »(v.17), posture d’un mort « crâne incliné »comme si la vie l’avait quitté. Participent à poser un registre tragique, accompagné du pathétique : « pleure »(v.19), « Angoisse atroce »(v.19), douleur morale présente tout au long du texte qui se rapporte à lui finalement à la fin.
  • Enfin, métaphore militaire insiste sur la défaite du poète : « plante son drapeau noire », la couleur noire déjà présente au vers 4 renvoie au Spleen. Définition de ce dernier par le désespoir : « l’Espoir/Vaincu »(v19-20). La victoire du désespoir est apparue inéluctable. Le poète est accompagnée par une fatalité.
  • Espérance, Espoir, Angoisse tous avec une majuscule sont les termes qui définissent le Spleen : un désespoir angoissant.

 

(phrase de conclusion de la partie lors de la rédaction).

 

Conclusion :

 

Ce poème se construit dans une progression par étapes qui part d’un environnement naturel hostile pour se rapprocher du poète et de la définition de son état-d’âme. Le décor tant réel que fantastique décrit dans le poème immerge le lecteur dans le moment dépressif vécu par Baudelaire. Le texte apparaît en effet à la fin comme étant lyrique. (reprise des conclusions partielles et réponse à l’annonce de plan)

L’auteur utilise donc une construction monotone, et évoque ses sensations aussi bien physiques que morales pour nous détailler son Spleen. Cette description insiste sur l’aspect inexorable du Spleen. Il apparaît comme une prison dont il est impossible de s’échapper. (réponse à la problématique)

Ce poème constitue l’une des quatre définitions du Spleen donnée par Baudelaire. Dans chacun de ses textes, il insiste sur certains éléments, ici sur l’enfermement, dans le poème LXXVI sur la solitude et la longueur du temps qui passe. (ouverture)

(conclusion en trois parties avec la réponse à l’annonce de plan, la réponse à la problématique, et l’ouverture).

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