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Pierre et Jean, incipit, chapitre I, Maupassant.

Pierre et Jean, Chapitre I, incipit, Maupassant (1887).

 

Chapitre I .

 

“ zut ! ” s’écria tout à coup le père Roland qui depuis un quart d’heure demeurait immobile, les yeux fixés sur l’eau, et soulevant par moments, d’un mouvement très léger, sa ligne descendue au fond de la mer.
Mme Roland, assoupie à l’arrière du bateau, à côté de Mme Rosémilly invitée à cette partie de pêche, se réveilla, et tournant la tête vers son mari :
“ Eh bien,… eh bien,… Jérôme ! ” Le bonhomme, furieux, répondit :
“ Ça ne mord plus du tout. Depuis midi je n’ai rien pris. On ne devrait jamais pêcher qu’entre hommes ; les femmes vous font embarquer toujours trop tard. ” Ses deux fils, Pierre et Jean, qui tenaient, l’un à bâbord, l’autre à tribord, chacun une ligne enroulée à l’index, se mirent à rire en même temps et Jean répondit :
“ Tu n’es pas galant pour notre invitée, papa. ”
M. Roland fut confus et s’excusa :
“ Je vous demande pardon, madame Rosémilly, je suis comme ça. J’invite les dames parce que j’aime me trouver avec elles, et puis, dès que je sens de l’eau sous moi, je ne pense plus qu’au poisson. ” Mme Roland s’était tout à fait réveillée et regardait d’un air attendri le large horizon de falaises et de mer. Elle murmura :
“ vous avez cependant fait une belle pêche. ” Mais son mari remuait la tête pour dire non, tout en jetant un coup d’oeil bienveillant sur le panier où le poisson capturé par les trois hommes palpitait vaguement encore, avec un bruit doux d’écailles gluantes et de nageoires soulevées, d’efforts impuissants et mous, et de bâillements dans l’air mortel.

 

I

 

 

 

Exemple d’un plan de commentaire de Pierre et Jean, incipit, chapitre I.(Maupassant, 1887)

(Ceci est un exemple, et pas un modèle. Vos rélfexions personnelles peuvent mener à d’autres pistes de lecture.)

 

 

Introduction :

 

Ce roman de Guy de Maupassant écrit en 1887 s’inscrit dans la lignée de ses grands romans comme Une Vie (1883), ou Bel-Ami (1885). Ecrivain réaliste de la fin du XIXème siècle, admirateur de Flaubert, il produit durant la décennies 1880, à côté de ses romans, de nombreuses nouvelles et des contes, comme Boule de Suif (1880), ou le Horla (1887), au registre fantastique angoissant. (contexte littéraire et auteur)

Pierre et Jean relate une histoire familiale, troublée par la découverte d’un secret. Pierre comprend ,à la suite d’un héritage surprenant pour son frère, que leur mère a eu une aventure, et que les deux frères sont de pères différents. Avec cette intrigue, Maupassant analyse et dissèque les bouleversements créés par cette nouvelle situation dans le cadre de sa Normandie d’enfance. (informations sur le livre)

Le texte présenté constitue le début du roman, son incipit. Une calme et heureuse sortie du dimanche en barque ouvre l’oeuvre. La famille paraît unie et sereine, comme nous le montre les dialogues, ainsi que la narration. (présentation générale du texte)

Quelle est donc la fonction de cette scène introductive ? Comment l’auteur immerge-t-il le lecteur dans l’atmosphère de son récit ? (problématique)

Nous analyserons cet extrait en trois temps. Tout d’abord, nous nous pencherons sur l’incipit, avant d’en détailler le réalisme.(annonce de plan).

 

(introduction en quatre partie : accroche avec informations sur auteur et œuvre, présentation du texte, problématique, annonce de plan).

 

 

Exemple d’un plan de commentaire avec introduction et conclusion de l’incipit de Pierre et Jean. (Maupassant) (Attention, les lignes mentionnées sont celles du livre et non de l’extrait mis sur la page!!!!).

 

 

I- Un incipit vivant.

 

(phrase d’introduction de la partie en rappelant le thème lors de la rédaction)

 

a) Une introduction « in media res ».

 

  • Début directement dans l’action : « Zut ! », premier mot fort avec une exclamation, marquant la surprise, renforcé par l’impression d’urgence donnée par « tout à coup »
  • récit au passé simple ,sauf pour le dernier paragraphe descriptif, marquant l’action.
  • Présence importante du discours direct qui crée de la vivacité avec l’intervention de quatre personnages différents : M .Roland, Mme Roland, Jean, et Mme Rosémilly.

 

b) Indications spatio-temporelles.

 

  • La scène se situe sur l’eau : « mer »(l.5), « bateau »(l.6).
  • On suppose la partie de pêche en Normandie, sur les côtes de la Manche, par la vie et l’habitude de Maupassant d’utiliser sa région préférée comme décor de ses écrits, et la présence de « falaises » (l.28) (comme à Etretat).
  • Enfin, indicateurs temporels : « depuis un quart d’heure »(l.2), « depuis midi »(l.11). Scène se déroulant durant l’après-midi en plein air, invitant ainsi le lecteur à supposer un temps de printemps ou d’été. c) La présentation des personnages principaux.

 

  • présentation de la famille : « père Roland »(l.1), « Mme Roland »(l.6), les enfants « Ses deux fils, Pierre et Jean »(l.15), et une invitée « Mme Rosémilly »(l.7)
  • précisions supplémentaires pour M. Roland avec son prénom, et présenté comme le père des enfants : « Gérôme »(l.9), « le père Roland »(l.1), « Ses deux fils »(l.15), Mme Roland présentée comme la femme de son mari  : « vers son mari »(l.8),
  • Incipit centré sur la personne du père : ouvre la scène avec sa première réplique, trois répliques en tout et plus longues que celles des autres personnages, centre de l’attention : Mme Roland lui parle, Jean aussi, centre de l’action de la pêche.

 

(phrase de conclusion/transition de la partie avant d’aborder la suite lors de la rédaction).

 

 

II- Un passage réaliste.

 

a) La psychologie des personnages.

 

  • Un père rustre, au langage courant : « Zut »(l.1), ses propos et ses actions nous montre un homme intéressé avant tout par la pêche, et reconnaissant son manque d’éducation : « Je vous demande pardon… »(l.21)
  • Sa femme est plus contemplative, plus distinguée : « regardait d’un air attendri le large horizon… »(l.26-27).
  • La réplique de Jean le montre aussi plus proche du caractère de sa mère :  « Tu n’es pas galant pour notre invitée, papa ». (l.19).

 

b) Une vision de la femme au XIX ème siècle.

 

  • une distinction entre hommes et femmes importante, les hommes possèdent un prénom, les femmes non : « Gérôme » (l.9), « Pierre et Jean »(l.15), « Mme Roland »(l.6), « Mme Rosémilly »(l.7).
  • Familiarité et complicité des hommes : « se mirent à rire en même temps »(l.17)
  • Les hommes agissent, ils pêchent, les femmes les regardent.
  • M. Roland résume la pensée dominante : « On ne devrait jamais pêcher qu’entre hommes ; les femmes vous font embarquer toujours trop tard ». (l.12-14). Cliché misogyne, traduisant une vision de la femme de l’époque.

 

c) Une description naturaliste.

 

  • passage centré sur la partie de pêche, activité naturelle, champ lexical des techniques de pêche : « sa ligne »(l.4), « ligne enroulée »(l.16), « panier »(l.31).
  • Le dernier paragraphe fournit une description naturaliste de l’agonie du poisson:gradation de son agonie vers la mort « palpitait », « bruit doux d’écailles », « nageoires soulevées », « baillements mortels »..desciption comme si l’auteur y avait assisté.
  • Le dernier paragraphe opère un basculement par rapport à l’atmosphère joyeuse de la promenade en barque : de la joie à la mort du poisson.

 

 

Conclusion :

 

La force de l’incipit tient à sa capacité à projeter rapidement le lecteur dans l’action du roman, en présentant les personnages principaux directement, comme les décors de l’histoire. De plus, le réalisme se présente dès le début, la description des caractères et des statuts des personnages, ainsi que celle plus naturaliste de l’agonie du poisson nous immergent dans un univers très proche de la réalité. (réponse à l’annonce de plan).

L’incipit dessine une famille heureuse et unie. Seulement, Mme Roland apparaît effacée et différente de son mari, Pierre est absent, puisqu’il ne s’exprime pas. Malgré l’apparente unité familiale, des dissensions se manifestent déjà.(réponse à la problématique)

Cette introduction sert à dessiner l’atmosphère d’une famille parfaite et heureuse. Cette première impression évoluera dans l’oeuvre par le personnage de Pierre, absent au début, et aura tendance à effacer le père, remplacé par la figure de l’amant, M. Maréchal. (ouverture sur la suite de l’oeuvre).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

5 pensées sur “Pierre et Jean, incipit, chapitre I, Maupassant.

  • novembre 22, 2014 à 2:41
    Permalink

    Tu pourrais m’expliquer se que sont les registres dans l’incipit de pierre et Jean stp 🙂 <3

    Répondre
    • novembre 22, 2014 à 3:16
      Permalink

      Bonjour,
      Avant tout le registre prédominant dans l’incipit de Pierre et jean est descriptif. On trouve aussi à travers les paroles du père du registre comique, et à la fin un peu de pathétique et de tragique avec la mort du poisson.
      Mais je me répète, avant tout descriptif.

      Répondre
  • mai 20, 2015 à 5:55
    Permalink

    Mec, c’est excellent, je n’avais pas besoin, personnellement, de tout l’incipit, mais seulement du plan, mais là je suis choqué, tu es très fort 🙂
    Ne change pas, t’es génial 🙂

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    • mai 20, 2015 à 7:41
      Permalink

      Par contre, pour les transitions, j’galère un peu ^^’
      Si tu pourrais me donner qq conseils 🙂

      Répondre
      • mai 21, 2015 à 11:44
        Permalink

        Bonjour,
        merci. Pour les transitions, il faut conclure ta partie, puis annoncer la suivante. Tu peux faire cela en une phrase ou deux. Résume donc ce que tu as mis en avant dans la partie, puis avec un adverbe (cependant, de plus…) annonce la suite.
        Bon courage.

        Répondre

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