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Parfum exotique, XXII, spleen et idéal, Fleurs du mal, Baudelaire, 1857, commentaire.

Parfum exotique, Les Fleurs du Mal, 1857, XXII, spleen et idéal, Baudelaire.

Parfum exotique

Quand, les deux yeux fermés, en un soir chaud d’automne,
Je respire l’odeur de ton sein chaleureux,
Je vois se dérouler des rivages heureux
Qu’éblouissent les feux d’un soleil monotone;

Une île paresseuse où la nature donne
Des arbres singuliers et des fruits savoureux;
Des hommes dont le corps est mince et vigoureux,
Et des femmes dont l’oeil par sa franchise étonne.

Guidé par ton odeur vers de charmants climats,
Je vois un port rempli de voiles et de mâts
Encor tout fatigués par la vague marine,

Pendant que le parfum des verts tamariniers,
Qui circule dans l’air et m’enfle la narine,
Se mêle dans mon âme au chant des mariniers.

— Charles Baudelaire

Exemple d’un plan de commentaire avec introduction et conclusion du poème Parfum exotique, XXII, section Spleen et Idéal, Fleurs du mal, Baudelaire, 1857.

(Ceci n’est évidemment pas un modèle, mais un exemple. Votre réflexion personnelle peut mener vers d’autres pistes de lecture).

Introduction :

Baudelaire, poète de la modernité, publie son grand recueil Les Fleurs du mal en 1857. Il expérimente en passant du romantisme, au mouvement parnassien, puis en insufflant le symbolisme. De même, il remet au goût du jour la forme oubliée du sonnet, et popularise le poème en prose (Spleen de Paris, 1869). Il mène une vie de tourments et de difficultés dont l’angoisse se retrouve dans son concept central du Spleen (humeur dépressive). (accroche avec informations sur l’auteur).

Sa poésie peut trouver son inspiration grâce à des femmes, à des muses, comme ici pour Parfum exotique, avec Jeanne Duval, métisse, qu’il a rencontrée en 1842. Ce sonnet nous emmène avec le poète dans une rêverie poétique dans une île paradisiaque. (présentation du texte)

De quelle manière Baudelaire nous décrit-il son idéal, son paradis ? (problématique)

Nous détaillerons le lyrisme du sonnet dans un premier temps, pour ensuite analyser les caractères utopique et onirique de ce voyage poétique. (annonce de plan).

(introduction en quatre parties avec l’accroche, la présentation du texte, la problématique, et l’annonce de plan).

I- Un sonnet sentimental.

(phrase d’introduction de la partie avec rappel du thème lors de la rédaction)

a) Un sonnet traditionnel.

    • structure traditionnelle du sonnet français, de type « Peletier », avec deux quatrains et deux tercets et des rimes ABBA, ABBA, CCD, EDE.
    • De plus, alternance rimes féminines, masculines, et utilisation de l’Alexandrin avec presque systématiquement une césure à l’hémistiche, renforcés parfois par des parallélismes : « Des arbres singuliers et des fruits savoureux »(v.6), « Qui circule dans l’air et m’enfle les narines »(v.13)
    • Enfin, progression du poème vers le voyage, et reprise dans le premier tercet du début du poème : « Je respire l’odeur de ton sein chaleureux »(v.2), « Guidé par ton odeur… »(v.9). Les deux premiers quatrains constituent une phrase, les deux tercets aussi.

b) Un sonnet lyrique.

    • Première personne du singulier présente dans les strophes 1, 3 et 4 : « Je »(v.2,3), « Je »(v.10), « m’ »(v.13), « mon »(v.14).
    • Point de vue interne du narrateur. Ses sentiments et ses sensations : plusieurs verbes de sensations « respire »(v.2)…, émotions « âme »(v.14)
    • sonnet amoureux, puisque inspiré par une femme « ton sein chaleureux »(v.2). Proximité des deux qui indique leur liaison sentimentale.
    • Réalité de la vie de l’auteur, référence à Jeanne Duval, sa compagne métisse, muse de Baudelaire qui évoque son île exotique natale dans le poème.

c) La sensualité.

    • Atmosphère sensuelle dans tout le poème : « chaud »(v.1), « sein »(v.2), « île paresseuse »(v.5), « corps »(v.7) évocation de la nudité. La sensualité et l’assoupissement du poète au début « les deux yeux fermés » font penser à la fin d’ébats sexuels.
    • La synesthésie se remarque par la présence cinq sens : l’odorat « Parfum exotique »(donc dès le titre), la vue « Je vois »(v.3), le goût « fruits savoureux »(v.6), l’ouïe « chant des mariniers »(v.14), le toucher s’imagine par sa position contre le sein de la femme.
    • Cependant, insistance manifeste sur l’odorat : le titre, « Je respire l’odeur »(v.2), « odeur »(v.10), « parfum »(v.12), « l’air et m’enfle les narines »(v.13). Sens le plus actif, car le poète a les « yeux fermés », car l’odorat est puissant pour faire revenir les souvenirs.

(phrase de conclusion/transition à la fin de la partie lors de la rédaction)

II- Un voyage onirique et utopique.

(phrase d’introduction de la partie avec rappel du thème lors de la rédaction)

a) Le voyage exotique.

    • exotisme à travers la description de la nature. Tout d’abord, une île : « rivages »(v.3), « île »(v.5). Puis une nature différente de l’Europe : « soir chaud d’automne »(v.1) indique de « charmants climats »(v.9), « Des arbres singuliers et des fruits savoureux »(v.7) ou des « verts tamariniers »(v.12) (arbre de la Réunion).
    • L’exotisme se remarque encore avec la description des habitants de l’île. Les hommes sont découverts, sans vêtement, et possède un corps athlétique (v.7) contrairement aux gras bourgeois européens. Les femmes ont un caractère insoumis : « l’oeil par sa franchise étonne »(v.8), rejet du verbe en fin de vers pour insister sur la particularité de ces femmes.
    • Référence donc au voyage de jeunesse de Baudelaire arrêté à l’île Bourbon (ancien nom de la Réunion). Voyage maritime d’ailleurs largement mis en avant dans la deuxième moitié du poème avec un champ lexical maritime développé : « port », « voiles », « mâts » (v.10), « vague marine »(v.11), « mariniers »(v.14).

b) Un jardin d’éden pour Baudelaire.

    • le poème construit un lieu utopique dont le caractère est introduit dans la première strophe : « rivages heureux »(v.3), « Qu’éblouissent les feux d’un soleil monotone »(v.4), hyperbole des rayons éblouissant du soleil, et antithèse avec la monotonie. Ceci signifie que le soleil brille tout le temps en cet endroit.
    • D’ailleurs tous les éléments de l’île possèdent une connotation méliorative : « la nature donne »(v.5), « fruits savoureux »(v.6), « corps mince et vigoureux »(v.7), « franchise »(v.8), « charmants climats »(v.9).
    • Description d’un nouveau jardin d’éden où personne ne semble travailler, où les hommes et les femmes semblent nus, où la nature fournit la nourriture facilement, où le bonheur et l’amour existent.

c) Un rêve.

    • Dès le début du sonnet, l’auteur nous prévient du caractère onirique de sa vision : « les deux yeux fermés »(v.1). Assoupi, son esprit voyage : « Je vois se dérouler… »(v.3). Le voyage est alors physique, comme nous l’avons vu, mais aussi spirituel donc.
    • C’est un rêve amoureux et sensuel, provoqué par la femme aimée : « Quand…ton sein chaleureux »(v.1,2). Jeanne Duval est la cause de ce rêve, mais aussi celle qui le continue « Guidé… »(v.9). Le rêve est constitué par l’environnement paradisiaque, mais aussi par le moment d’intimité partagé.
    • Plénitude atteinte à la fin du poème, état de délassement et de bonheur pour Baudelaire, dans lequel tous les sens participent à son bien-être : « Se mêle dans mon âme au chant des mariniers »(v.14). La musique poursuit sa rêverie et l’accompagne.

(phrase de conclusion de la partie lors de la rédaction).

Conclusion :

Baudelaire, à travers un sonnet traditionnel, évoque son amour sensuel avec Jeanne Duval. Comme souvent, il met au centre les sensations. Son amante est sa muse et lui permet d’atteindre un état de bien-être. Ainsi, il peut se laisser aller à la rêverie, à la poésie et penser à un lieu paradisiaque qu’il associe à son aimée. (réponse à l’annonce de plan)

La description de l’idéal baudelairien se fait ici en référence au jardin d’Eden de la bible, de la Genèse. Les enjambements du sonnet marquent la fluidité de sa rêverie. Tout est facile sur cette île sans violence, ni angoisse. Le spleen paraît bien lointain. (réponse à la problématique)

Premier des poèmes consacrés à Jeanne Duval, « Parfum exotique » n’exprime que la plénitude et le bonheur. Le thème du voyage, réel et poétique, revient souvent chez l’auteur. Il construit un ailleurs souvent idéalisé, souvent synonyme de bonheur à deux comme dans son poème « Invitation au voyage », inspiré par une autre de ses muses, Marie Daubrun. (ouverture)

(conclusion en trois parties avec la reprise des conclusions des parties, la réponse à la problématique, et l’ouverture).

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