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Le Mal, Poésies, Rimbaud, 1870.

  Contact:lescoursjulien@yahoo.fr

Le mal, Arthur Rimbaud, 1870, Cahiers de Douai.

Le mal

Tandis que les crachats rouges de la mitraille
Sifflent tout le jour par l’infini du ciel bleu ;
Qu’écarlates ou verts, près du Roi qui les raille,
Croulent les bataillons en masse dans le feu ;

Tandis qu’une folie épouvantable broie
Et fait de cent milliers d’hommes un tas fumant ;
– Pauvres morts ! dans l’été, dans l’herbe, dans ta joie,
Nature ! ô toi qui fis ces hommes saintement !…

– Il est un Dieu, qui rit aux nappes damassées
Des autels, à l’encens, aux grands calices d’or ;
Qui dans le bercement des hosannah s’endort,

Et se réveille, quand des mères, ramassées
Dans l’angoisse, et pleurant sous leur vieux bonnet noir,
Lui donnent un gros sou lié dans leur mouchoir !

Arthur Rimbaud

 

Exemple d’un plan de commentaire avec introduction et conclusion dupoème « Le Mal », Arthur Rimbaud, Cahiers de Douai, 1870.

(Ceci est évidemment un exemple, et non un modèle. Votre réflexion personnelle peut mener vers d’autres pistes de lecture.).

 

Introduction :

 

Poète de « la voyance », Rimbaud s’affirme comme une personnalité à part dans la littérature française. Sa précocité est exceptionnelle, ainsi que la brièveté de sa période de production poétique. Il a écrit toute son œuvre jusqu’à ses vingt-et-un ans. Très jeune (entre seize et dix-sept ans), il est marqué par la guerre, et la Commune (à laquelle il participe). Il l’exprime dans plusieurs poèmes, regroupés dans les cahiers de Douai ou les Poésies, dont Le Mal.(accroche avec informations sur l’auteur)

Ce poème extrait du recueil Poésies se présente sous la forme d’un sonnet. Rimbaud nous décrit une bataille durant la guerre de 1870 (guerre franco-prussienne), et nous livre son opinion sur ce désastre. (présentation du texte)

De quelle manière Rimbaud exprime-t-il son indignation profonde face à la guerre?(problématique)

Dans un premier temps, nous analyserons les moyens mis en œuvre par le poète pour faire ressentir la violence et la souffrance de la guerre au lecteur. Puis, nous détaillerons les différents motifs de son indignation. (annonce de plan).

(introduction en quatre parties : accroche, présentation du texte, problématique, annonce de plan)

 

I- Un sonnet violent.

(phrase d’introduction de la partie avec rappel du thème lors de la rédaction).

 

a) Une écriture à la fois traditionnelle et rythmée.

  • Forme classique du sonnet (deux quatrains, deux tercets), rimes croisées, embrassées, puis plates. Utilisation du vers classique, l’alexandrin.
  • Anaphore « Tandis que »(v.1, v.5), impression de martèlement. Une bataille sans fin, répétition du même phénomène de la guerre.
  • La ponctuation est expressive avec des exclamations : « ! » (v.7, 8, 14). De plus, le temps du poème est le présent de l’indicatif qui assure de la vivacité au texte et un certain réalisme.

b) Une déflagration sensorielle.

  • multitude de couleurs vives : « rouge »(v.1), « bleu »(v;2) « écarlates ou verts »(v.3), « or »(v.10), seule couleur sombre à la fin du poème « noir »(v.13), associée au deuil, et non à la bataille en elle-même.
  • Omniprésence du bruit : « crachats », « mitraille »(v.1), « Sifflent »(v.2), « rit »(v.9), « hosannah »(v.11), « pleurant »(v.13). De plus allitérations en « r » qui traduisent la dureté et la cruauté : dès le premier vers « crachats », « rouge », « mitraille », puis tout au long du poème.
  • Il rend compte des bruits et des couleurs de la guerre. Description picturale et auditive qui montre le chaos d’un champ de bataille.

c) Une progression pathétique.

  • les six premiers vers portent sur la description du champ de bataille.
  • v.7-8 : invocation de la Nature, divinisée. Les points de suspension du vers 8 indique le passage à la deuxième partie du poème centrée sur Dieu et la douleur des mères de soldats.
  • v.9-11 : présentation d’un Dieu indifférent aux souffrances des hommes.
  • v.12-14 : exposition de la douleur des mères de soldat.
  • Le texte progresse du front vers l’arrière, des hommes vers les femmes, de l’enfer vers Dieu, et montre ainsi que la guerre touche tout le monde, partout.

(phrase de conclusion/transition de la partie lors de la rédaction).

 

II- Une dénonciation réaliste de la guerre.

(phrase d’introduction de la partie avec rappel du thème lors de la rédaction)

a) Une situation réelle.

  • L’adverbe « Tandis »(v.1, 5), l’utilisation du présent, ainsi que la présence du narrateur v.7-8, v.9 avec les tirets, nous donnent l’impression d’un témoignage. Position de narrateur-témoin.
  • De plus, détails historiques réels : « écarlates »(v.3) fait référence à la couleur rouge des uniformes de l’armée française à l’époque, quand «verts »(v.3) fait référence à celle des uniformes prussiens. Le « Roi » vers 3, indique la présence du roi prussien sur le champ de bataille, ou de l’empereur Napoléon III.
  • Décompte des hommes :  « cent milliers »(v.6) et termes militaires « mitraille »(v.1), « bataillons »(v.4) finissent de construire le réalisme de ce texte.

b) Une forte opinion anticléricale.

  • métaphore de l’enfer pour décrire le champ de bataille : « rouge »(v.1) évoque le sang, « le feu »(v.4), « folie épouvantable »(v.5), « un tas fumant »(v.6). Référence donc au titre du poème « Le Mal ».
  • indifférence divine face à ce déferlement de violence, face à la victoire du mal : « Qui dans le bercement des hosannah s’endort »(v.11). Pire, Dieu apparaît comme cynique « qui rit »(v.9), et absorbé par le luxe (v.9-10).
  • Figure d’un spectateur qui semble cautionné ce qu’il observe « l’infini du ciel bleu »(v.2), périphrase qui peut évoquer la providence, Dieu.
  • Image donc péjorative de Dieu, différente de son image habituelle renforcée par la certitude du poète qui utilise un présent de vérité générale « Il est un Dieu »(v.9). Affirmation qui ne supporte pas la contradiction.
  • Enfin, complainte du poète auprès de la Nature, divinisée v.7-8, et proche (utilisation deuxième personne du singulier « toi » v.8) seule entité rassurante. Pour lui, elle, et non Dieu, a créé les hommes, de plus « saintement »(v.8). En face, Dieu est indéfini et lointain « un Dieu »(v.9), « un »=article indéfini. Nature :figure maternelle, et apportant la joie et la douceur :  « dans l’été, dans l’herbe, dans ta joie »(v.7)

c) L’indignation devant la souffrance humaine.

  • jugement critique sur la guerre et ses motivations. Elle est présentée comme une « folie épouvantable »(v.5), et est dirigée par un « Roi qui les raille »(v.3), majuscule marque l’importance des décideurs dans les conflits (le roi Guillaume Ier, ou l’empereur Napoléon III à l’époque).
  • Insistance sur l’impression de masse qui déshumanise les soldats : »Croulent les bataillons »(v.4), « tas fumants »(v.6). Le poète déplore ce gâchis « Pauvres morts ! »(v.7). Absurdité de ce massacre sans finalité marqué par l’adjectif « Pauvres » et le point d’exclamation.
  • Douleur et souffrance des mères exprimées par le registre pathétique : « Dans l’angoisse et pleurant sous leur vieux bonnet noir »(v.13). Solitude de leur souffrance face au refus de réponse de Dieu à leurs prières et offrandes.
  • Dénonciation des inégalités sociales. Mères paraissent pauvres « vieux bonnet »(v.13), et jeu de mots avec « gros sou lié »(v.14), à la fois don à l’Eglise, et entendre ‘gros souliers’, donc chaussures rustiques, misérables. Semblent être des paysannes qui n’avaient donc pas les moyens de payer pour éviter que leurs fils soient enrôlés dans l’armée (jusqu’en 1870, conscrits tirés au sort, mais possibilité d’envoyer un remplaçant en le payant ou en payant l’état), d’où un système inégalitaire.

 

(phrase de conclusion de la partie lors de la rédaction).

Conclusion :

Rimbaud à travers ce sonnet nous décrit tout d’abord le chaos d’un champ de bataille grâce à un univers sensoriel intense, puis bascule sur la tristesse et le désespoir des femmes restées à l’arrière, qui espèrent le retour de leurs enfants. Cette progression dans le poème montre au lecteur dans la diversité des ravages causés par la guerre. Le réalisme de la description, la critique farouche de la religion et de l’apparente indifférence divine, ainsi que l’expression directe de son opinion font de ce texte un manifeste contre la guerre. (réponse à l’annonce de plan).

Ce poème à la portée universelle s’inscrit cependant dans l’époque de la guerre de 1870, et nous apporte un témoignage sur la vision des contemporains sur ces événements. Réalisme et imagination cohabitent dans ce poème, dont la violence et la fougue traduisent la la réalité de la guerre. (réponse à la problématique)

Rimbaud est marqué par la guerre de 1870. Participant à la commune de Paris, il est témoin des événements. Ce thème revient à plusieurs reprises dans son œuvre, notamment dans un de ses poèmes les plus connus Le dormeur du val. (ouverture)

(conclusion en trois parties avec réponse à l’annonce de plan, réponse à la problématique, et ouverture).

Contact:lescoursjulien@yahoo.fr

 

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