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Histoire comique des Etats et Empires du soleil, Cyrano de Bergerac, 1662, commentaire.

 

lescoursjulien.com

Help With Math Problems For Free http://mayneislandmusic.ca/literature-review-on-consumer-purchase-decision/ literature review on consumer purchase decision Extrait de L’histoire comique des Etats et Empires du Soleil, Cyrano de Bergerac, 1662.

Elle achevait ceci, quand nous fûmes interrompus par l’arrivée d’un aigle qui se vint asseoir entre les rameaux d’un arbre assez proche du mien. Je voulus me lever pour me mettre à genoux devant lui, croyant que ce fût le roi, si ma pie de sa patte ne m’eût contenu en mon assiette. « Pensiez-vous donc, me dit-elle, que ce grand aigle fut notre souverain ? C’est une imagination de vous autres hommes, qui à cause que vous laissez commander aux plus grands, aux plus forts et aux plus cruels de vos compagnons, avez sottement cru, jugeant de toutes choses par vous, que l’aigle nous devait commander.

« Mais notre politique est bien autre ; car nous ne choisissons pour notre roi que le plus faible, le plus doux, et le plus pacifique ; encore le changeons nous tous les six mois, et nous le prenons faible, afin que le moindre à qui il aurait fait quelque tort, se pût venger de lui. Nous le choisissons doux, afin qu’il ne haïsse ni ne se fasse haïr de personne, et nous voulons qu’il soit d’une humeur pacifique, pour éviter la guerre, le canal de toutes les injustices.

« Chaque semaine, il tient les États, où tout le monde est reçu à se plaindre de lui. S’il se rencontre seulement trois oiseaux mal satisfaits de son gouvernement, il en est dépossédé, et l’on procède à une nouvelle élection.

« Pendant la journée que durent les États, notre roi est monté au sommet d’un grand if sur le bord d’un étang, les pieds et les ailes liés. Tous les oiseaux l’un après l’autre passent par-devant lui ; et si quelqu’un d’eux le sait coupable du dernier supplice, il le peut jeter à l’eau. Mais il faut que sur-le-champ il justifie la raison qu’il en a eue, autrement il est condamné à la mort triste. »

Je ne pus m’empêcher de l’interrompre pour lui demander ce qu’elle entendait par le mot triste et voici ce qu’elle me répliqua :

« Quand le crime d’un coupable est jugé si énorme, que la mort est trop peu de chose pour l’expier, on tâche d’en choisir une qui contienne la douleur de plusieurs, et l’on y procède de cette façon :

« Ceux d’entre nous qui ont la voix la plus mélancolique et la plus funèbre, sont délégués vers le coupable qu’on porte sur un funeste cyprès. Là ces tristes musiciens s’amassent autour de lui, et lui remplissent l’âme par l’oreille de chansons si lugubres et si tragiques, que l’amertume de son chagrin désordonnant l’économie de ses organes et lui pressant le coeur, il se consume à vue d’oeil, et meurt suffoqué de tristesse.

« Toutefois un tel spectacle n’arrive guère ; car comme nos rois sont fort doux, ils n’obligent jamais personne à vouloir pour se venger encourir une mort si cruelle.

« Celui qui règne à présent est une colombe dont l’humeur est si pacifique, que l’autre jour qu’il fallait accorder deux moineaux, on eut toutes les peines du monde à lui faire comprendre ce que c’était qu’inimitié. »

 

Cyrano de Bergerac, Histoire des Etats et Empires du soleil, 1662.

click here http://pacificcrossroads.net/?write-my-essay-sydney Exemple d’un plan de commentaire avec introduction et conclusion rédigées du passage « Elle achevait ceci, quand nous fûmes[…]ce que c’était qu’inimitié », tiré de Histoire comique des Etats et Empires du Soleil, Cyrano de Bergerac, 1662.

follow site (Ceci n’est pas un modèle, mais simplement un exemple. Votre réflexion personnelle peut évidemment mener à d’autres pistes de lecture)

source link Introduction :

Cyrano de Bergerac (1619-1655) est un auteur atypique du XVIIème siècle. Issu d’une famille bourgeoise, il se mit à écrire après avoir quitté l’armée. Libertin de mœurs et de pensée, il remet en cause les autorités politiques, morales et religieuses dans ses œuvres. Il peut être considérer comme une des premiers écrivains de science-fiction en langue française. La postérité de son nom reste cependant attachée à la pièce d’Edmond de Rostand qui s’inspira de sa vie, notamment de ses aventures militaires. (accroche)

Son œuvre Histoire comique des Etats et Empires du soleil conte le voyage d’un héros inventeur et explorateur, Dycorna, sur le soleil. Ces aventures font suite à son voyage sur la Lune dans un précédent ouvrage. Le passage étudié se situe avant son jugement au royaume des oiseaux. Une pie lui explique le fonctionnement de la politique et de la justice dans leur société. (présentation générale du texte)

Comment l’auteur construit-il une utopie qui nous fait réfléchir sur la société de l’Ancien Régime ? (problématique)

Dans un premier temps, nous montrerons le caractère utopique et didactique du texte, puis nous mettrons en avant la critique de la société contemporaine de l’auteur. (annonce de plan)

(introduction en quatre étapes avec l’amorce, la présentation générale du texte, la problématique et l’annonce de plan)

go here I- Une fable.

(phrase d’introduction de la partie avec rappel du thème lors de la rédaction)

a) Le merveilleux.

    • voyage sur le soleil, et découverte du royaume des oiseaux. Lieux imaginaires.
    • Insistance sur les habitants volatiles de ce royaume avec de multiples références aux oiseaux : « aigle »(L.1), « pie »(l.3), « colombe »(l.28), « moineaux »(l.29). Impression d’une multitude.
    • Personnification des oiseaux : la pie parle, et ils possèdent des caractères : « une colombe dont l’humeur est si pacifiste »(l.28)
    • Enfin, malgré la différence d’espèce, le dialogue est possible entre les oiseaux et les hommes comme en atteste le texte.

b) Un texte argumentatif et didactique.

    • apparence d’un dialogue entamé par hasard entre le héros et la pie. Cependant, seule la pie s’exprime au discours direct, et elle monopolise la parole.
    • Composition de l’extrait en quatre parties :– la situation initiale avec l’introduction du thème par la pie (premier paragraphe):la méprise du héros sur l’identité du roi mène à l’explication de la pie.

      description du choix du roi, et de sa destitution possible : paragraphes 2,3,4. La pie expose au héros les modalités politiques de la nomination, du pouvoir, et de la destitution de leur roi. Transition avec la question du héros sur la mort triste. (paragraphe 5)

      description de la peine capitale dans ce royaume des oiseaux, explication de « mort triste » au héros : paragraphe 6,7.

      – les deux derniers paragraphes constituent une sorte de morale qui démontre la bienveillance du pouvoir royal.

      • texte didactique. La pie apprend au héros comment fonctionne sa société. Le héros est là pour écouter son maître, la pie.

c) Convaincre.

    • raisonnement efficace et ordonné de la pie.
    • Absence de ponctuation expressive, qui traduit le fait que la pie s’adresse à la raison, à l’intelligence de son auditeur.
    • Connecteurs logiques nombreux dans le texte : « Mais », « car »(l.7), « afin »(l.9), « si »(l.14), « Mais »(l.15)…
    • la pie s’appuie sur des exemples concrets : l’aigle du début, la colombe de la fin. Elle fixe précisément des repères spatio-temporels : « Chaque semaine »(l.11), « Pendant la journée que durent les Etats »(l.13), « un grand if sur le bord de l’étang »(l.13), « un funeste cyprès »(l.23).
    • Des chiffres renforcent encore le caractère réaliste et détaillé du récit qui gagne dès lors en efficacité, en conviction : « trois oiseaux »(l.11),

(phrase de conclusion/transition lors de la rédaction)

II- Un jugement sur la société d’Ancien Régime.

(phrase d’introduction de la partie avec rappel du thème lors de la rédaction)

a) Une monarchie utopique.

    • monarchie élective :  « Nous ne choisissons »(l.7), « Nous le choisissons »(l.9), « une nouvelle élection »(l.12), charge monarchique qui tourne « le changeons nous tous les six mois »(l.8) afin d’éviter une tyrannie. Inspiration du régime politique de l’Athènes antique.
    • Tous les oiseaux participent à la vie politique : « où tout le monde est reçu »(l.11). Pas de différence de classe apparente.
    • Inversion même des rôles, avec des sujets qui possèdent le pouvoir sur le roi :  « et si quelqu’un d’eux le sait coupable du dernier supplice, il le peut jeter à l’eau »(l.14-15)
    • société pacifiste. Guerre absente : « pour éviter la guerre »(l.10), répétition « humeur pacifique »(l.10, 27). La peine capitale existe dans les lois, mais n’est jamais appliquée en pratique : « Toutefois, un tel spectacle n’arrive guère »(l.25). Ainsi, même de petits conflits paraissent incompréhensibles : « toutes les peines du monde à lui faire comprendre ce que c’était qu’inimitié »(l.28)
    • Société pacifiste, sans violence guerrière ou judiciaire, dans laquelle le roi n’est qu’un représentant du peuple, et est rappelé constamment à sa mission d’intérêt général par ses sujets.

b) une critique en miroir de la monarchie absolue.

    • remise ne cause par la pie du choix des monarques en dénigrant leurs qualités, en les transformant en défauts : « vous laissez commander aux plus grands, aux plus forts, et aux plus cruels »(l.4-5). Absence des qualités inhérentes aux rois comme la justice, la tempérance, et la bonté.
    • Gouvernement démocratique chez les oiseaux qui se manifeste notamment par la réunion des « Etats »(l.11). Référence explicite aux états généraux qui à l’époque ne s’étaient réunis depuis 1614.
    • le roi est pacifique, et la guerre est vue de manière péjorative « la guerre, le canal de toutes les injustices »(l.10). Or, la principale occupation d’un roi, et la plus noble, était la guerre.
    • Enfin, la justice décrite est efficace, rapide, et magnanime : les procès existent et permettent une confrontation réelle « Mais il faut que sur le champ il justifie la raison »(l.15). La mise à mort n’est pas cruelle puisque non appliquée. A cet égard, le terme « spectacle »(l.25)peut se voir encore comme une critique des exécutions publiques.

c) Une remise en cause générale de l’humanité.

    • opposition constante dans le discours de la pie entre la vision des oiseaux et celle des hommes : « C’est une imagination de vous autres hommes »(l.4), « Mais notre politique est bien autre »(l.7).
    • Jugement des oiseaux sur les hommes. Pour la pie, le système humain est idiot :  « avez sottement cru »(l.5). Le système politique des oiseaux est réfléchi : « nous le prenons faible afin que le moindre à qui il aurait fait du tort se pût venger de lui. »(l.8-9). Tout est pensé dans leur fonctionnement politique, encadré par des règles : choix du roi, réunions fréquentes, changement de roi…
    • Supériorité des oiseaux manifeste dans le jugement de la pie, et aussi dans sa position de maître par rapport à l’humain qui est son élève. Critique des préjugés humains, qui les mènent vers l’erreur : « jugeant de toutes choses par vous »(l.5)
    • Jugement péjoratif sur l’homme à travers son caractère violent, qui est présenté comme son essence face au pacifisme des oiseaux.

(phrase de conclusion de la partie lors de la rédaction)

source url Conclusion :

Sous l’apparence d’un conte merveilleux entraînant le lecteur sur le soleil, dans le royaume des oiseaux, l’auteur entreprend, par la voix d’une pie, une argumentation sérieuse, organisée et convaincante. Il cherche à dépeindre une société heureuse et équilibrée, un pouvoir démocratique maîtrisé par le peuple, où règne l’absence de violence. Cette description est évidemment utopique. Elle vise à mettre en perspective la violence et le caractère tyrannique des monarchies absolues européennes de l’époque. De manière plus vaste, l’oiseau interroge l’homme sur son caractère qui le pousse à s’organiser de manière idiote, inégalitaire et inique, tout en restant persuader d’être dans la vérité. (reprise des conclusions des parties)

Ce texte de Cyrano de Bergerac invite les lecteurs à une remise en cause. D’autres systèmes politiques peuvent exister. Il faut pour cela adopter un point de vu différent et se défaire de ses préjugés. Pour prendre ce recul, il nous immerge loin, sur le soleil, avec des oiseaux qui parlent. Il peut ainsi se permettre de rêver à une société égalitaire, douce et heureuse. (réponse à la problématique)

Cette interrogation sur la supériorité du système de pensée européen n’est pas entièrement nouvelle à l’époque de l’auteur, et se poursuivra au XVIIIème siècle, avec les philosophes des Lumières. Montaigne déjà au XVI ème siècle critiquait dans un passage célèbre des Essais, Des cannibales, la faculté des Européens à juger comme barbare et inférieure des civilisations différentes, sans pour autant être capables d’avoir un regard critique sur la leur.(ouverture)

(conclusion en trois étapes avec la reprise des conclusions des parties, la réponse à la problématique, et l’ouverture)

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