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Commenter du théâtre classique

Commenter du théâtre classique (XVIIème siècle).

 

Théâtre classique :

 

 

Période du XVIIème siècle, sous Louis XIV. Rechercher lors de la première lecture les marques du classicisme dans l’extrait : vers pour la tragédie, l’art noble du théâtre (langue soutenue, appartenant aux règles de la bienséance), prose chez Molière par exemple pour beaucoup de comédies (le bourgeois gentilhomme, la malade imaginaire, les fourberies de Scapin…).

 

Mais toujours un respect des classes sociales : le valet reste subordonné, en-dessous du maître, généralement aristocrate, noble. Les personnages, dans la tragédie classique, possèdent un caractère héroïque, supérieur à la réalité. Leur naissance, et leur personnalité les placent au-dessus du commun des mortels : princes et princesses, grands aristocrates, personnages historiques ou mythologiques. Leurs tourments et leurs problèmes sont donc très intenses, avec des enjeux forts : la patrie ou l’amour, l’honneur ou la mort…

 

Le classicisme cultive aussi l’art de la morale. A côté d’un récit divertissant, d’aventure, d’émotions, la pièce classique cherche à enseigner une morale, un modèle. Tragédie et comédie montrent par la grandeur, et l’ironie ou la satire les faiblesses de l’homme et les contraintes de l’histoire, de la tradition. Elle prêtent à réfléchir, à s’instruire. Plaire et instruire comme le veut le mouvement classique du siècle du roi soleil, dont les fables de La Fontaine sont un parfait exemple en-dehors du théâtre.

 

Enfin, les règles du classicisme comprennent évidemment les cinq actes, avec un premier acte introductif comprenant des scènes d’exposition, et un dernier acte devant conter le dénouement. Les trois unités de temps, d’action et de lieu sont encore une caractéristique des pièces classiques. Une action principale se déroule dans un même lieu durant une journée. Ainsi, l’action est rapide et subit de nombreux rebondissements en peu de temps afin de surprendre le spectateur.

 

Influences :

 

Italienne et antique (gréco-romaine).

Le renouveau du théâtre en France commence à la fin du XVIème siècle avec la construction du Pont-Neuf et l’implantation de spectacles italiens. Des farces traditionnelles de la comedia dell arte séduisaient les promeneurs. Puis ce modèle comique avec comme personnages principaux un barbon (homme âgé riche), une jeune fille et un valet intelligent (Arlequin, Sganarelle, Scapin) donne naissance à la farce avec notamment les farceurs de l’hôtel de Bourgogne, puis avec Molière. Le théâtre italien a eu une réelle influence sur la comédie française au XVIIème siècle.

 

La comédie et la tragédie partagent comme racines le théâtre antique, grec plus précisément. Il n’est pas rare de trouver des tragédies classiques qui reprennent d’anciens textes ou mettent en scène des épisodes historiques ou mythologiques de l’Antiquité. Les règles du théâtre et de la versification (écriture en vers) proviennent elles-aussi des Grecs. L’approche du modèle classique trouve sa définition dans l’oeuvre de Nicolas Boileau :  l’art poétique (1671). Il réinvente, il reprend les modèles antiques et les adaptent à son époque et à sa langue, le Français.

 

La différence entre genre noble (tragédie), et genre mineur (comédie) est gardée comme chez Aristote dans  La poétique , essai sur la poésie et le théâtre du célèbre philosophe grec.

 

La fonction de catharsis du théâtre est reprise. La catharsis consiste en la purgation de ses mauvaises pensées. Elle correspond au fait de vivre à travers la pièce de théâtre présentée une expérience personnelle permettant d’exécuter ses envies à travers les personnages, les acteurs de la scène. En s’identifiant aux personnages, le spectateur vit leurs actions et sentiments par procuration. Pour cela, l’aspect moral est toujours présent. Les comportements négatifs mènent à la chute.

 

 

  • Voir en quoi le texte est classique, c’est :

    – analyser la forme de la scène : tragédie, comédie, auteur, vers, niveau de langue.

    – respect des règles classiques : de bienséance, de vraisemblance, tragédie ou comédie. (mais pas de mélange des genres, pas de tragi-comédie).

    influence italienne de la renaissance ou antique des Grecs ou des Romains.

    – caractère et description des personnages : héroïques et passionnés.

    morale et modèle du gentilhomme.

 

 

Tragédie ou comédie ?

 

 

Dans le théâtre classique, l’auteur doit choisir entre ces deux genres littéraires pour écrire. La confusion, le mélange des genres entre tragédie et comédie (tragi-comédie) appartient plus au baroque (mouvement artistique précédant le classicisme).

 

La tragédie comme dit précédemment met en scène des personnages héroïques, fréquemment dans un univers antique, qui doivent faire face à un dilemme. Le dilemme propose un choix à faire entre deux chemins. Seulement, le choix ne pourra qu’être douloureux. La fatalité accompagne aussi la tragédie. Les héros ne peuvent vaincre le destin et empêcher l’issue fatale de la pièce. La tragédie raconte une destinée funeste.

 

Ainsi, des mots, des expressions, un champ lexical du tragique reviennent souvent : « jamais, hélas, toujours, mort, funeste… ». La mort ou l’exil frappe lors du dénouement, sans que la violence de l’action soit montrée sur scène. La bienséance impose de ne pas montrer de violence.

 

Ce registre (dans une scène) s’accompagne du registre pathétique qui met en avant la souffrance physique ou psychologique. Plusieurs champs lexicaux y correspondent : « blessures, plaies, cris de souffrance, lamentations, pleurs…. ». La démonstration de la souffrance et du désespoir emploie souvent des hyperboles (exagérations) afin de toucher et d’émouvoir les spectateurs.

 

La comédie utilisera les différents éléments du comique. Un auteur rendra son texte drôle et vivant à travers un comique de geste (gestuelle des comédiens), de mots (plaisanteries avec les paroles) ou de situation (situations gênantes, improbables ou drôles). La caricature et le ridicule habitent les personnages.

 

La comédie se déroule sur un ton léger où rien n’est vraiment grave : pas de mort, pas de fatalité, des enjeux à taille humaine. L’écriture en vers n’est pas obligatoire. Les respect des situations sociales et de la beauté de la langue sont moins importants. L’essentiel est de provoquer le rire, tout en enseignant une leçon morale avec généralement une satire d’un caractère : l’avare, le bourgeois gentilhomme, les précieuses ridicules. Molière n’hésitait pas à travers ses farces à questionner des comportements de son époque, à critiquer la société de son temps contrairement à la tragédie.

 

 

 

Les personnages.

 

 

Une représentation théâtrale comprend une scène, un décor, une action (un drame) et des personnages. Le sens de la pièce est transmis par les dialogues et les répliques. Les dialogues, ou paroles (dans le cas d’un monologue ou d’une tirade), nous informent donc sur les personnages, sur leur personnalité. Les répliques renseignent sur la relation entre les personnages, leurs sentiments (désespoir, colère, bonheur…), leurs motivations (vengeance, amour, gloire, honneur…), leur histoire et origine sociale (aristocrate, royale, aventurière…). Les répliques peuvent nous apporter un portrait physique et/ou moral des personnages.

 

Dans la tragédie, les personnages principaux sont presque tous de nobles naissances. Ils prennent souvent le trait de héros mythologiques ou historiques. Ils sont cependant confrontés à des dilemmes, à des choix. Dans la comédie, la mixité sociale est plus importante : nobles, bourgeois, paysannes, valets. Cependant, la caricature des personnages au caractère bien défini dépeignent des relations humaines profondes. Quels traits de caractère l’auteur a-t-il voulu mettre en avant ? Quelle impression ressent le spectateur vis-à-vis du personnage ? Quelle personnalité ?

Les didascalies apportent souvent des précisions sur le physique, l’attitude, l’habillement des personnages.

 

 

  • Voir :

 

  • relation entre les personnages : mari-femme, frère-soeur, amis, valet-maître…
  • rang social et fonction des personnages : noble, militaire, princesse…
  • personnalité et caractère : homme, femme, colérique, désespéré, énergique…

 

 

L’action (le drame) :

 

 

Les personnages sont les acteurs d’une intrigue,d’une action qui évolue durant la pièce. Le drame principal se joue entre les personnages les plus importants. Certaines scènes sont charnières et font basculer le drame dans une nouvelle phase : aveux, découverte d’un secret, acte héroïque ou regrettable…

 

L’action, et son avancement constitue le fil conducteur de la pièce. Il faut savoir en dégager les enjeux et la progression. Comment la scène s’articule-t-elle dans le récit ? Quel est son rôle ?

Les circonstances d’une action sont aussi importantes pour en dégager la portée : le lieu, les personnages impliqués, l’époque. Ne jamais juger des personnages, des actes, des pensées ou des émotions d’après les normes actuelles, d’après les modèles de notre présent. Le texte s’apprécie en le replaçant dans son contexte historique : la société des trois ordres de l’Ancien Régime, la condition de la femme différente à l’époque…

 

-Voir :

 

  • le sujet du drame, l’enjeu de l’action
  • les personnages impliqués
  • les circonstances.

 

 

Scènes particulières : l’exposition et le dénouement.

 

 

Dans le classicisme, les premières scènes sont consacrées à l’exposition, c’est à dire à l’introduction des personnages, de l’époque, des lieux (repères spatio-temporels), de l’intrigue, du genre de la pièce. Le dénouement offre la réponse aux questions soulevées par la pièce, il constitue la fin du récit.

 

Etudier une scène d’exposition, c’est déjà montrer de quelle manière elle est construite, et comment elle remplit son rôle. Il convient donc d’être attentif à tous les éléments concernant le drame, ou la farce, à venir, les personnages principaux ainsi que l’époque et le lieu. Souvent, dans les pièces classiques, le personnage principal n’apparaît qu’à la seconde scène. Il se peut que l’exposition respecte les principes du classicisme de Boileau (dans l’art poétique  déjà cité) la brièveté et la rapidité dans l’apport des informations pour immerger le spectateur dans l’action, ou justement soit plus originale et laisse le spectateur dans le flou concernant les intentions de la pièce.

 

Le dénouement doit de même faire l’objet d’une attention spécifique. Il concentre des événements, des actions précipitées qui transforment les personnages et leur environnement. En apportant une fin à l’oeuvre, il lui apporte un sens à dégager, une morale, but du classicisme. Les péripéties ont servis à divertir, le dénouement donne une leçon à méditer. Plaire et instruire.

 

 

 

Conclusion :

 

Analyser un extrait du théâtre classique (XVIIème siècle), c’est étudier :

  • le classicisme
  • le registre : tragique ou comique.
  • Les caractères et relations entre les personnages
  • la progression et les enjeux de l’action.
  • Analyser spécifiquement les scènes d’exposition et de dénouement.

 

 

 

 

 

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