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Candide, chapitre 18 (XVIII), passage de l’eldorado, commentaire, voltaire

Candide, chapitre 18 (XVIII), « passage de l’eldorado », Voltaire, (1759).

 

Candide et Cacambo montent en carrosse ; les six moutons volaient, et en moins de quatre heures on arriva au palais du roi, situé à un bout de la capitale. Le portail était de deux cent vingt pieds de haut et de cent de large ; il est impossible d’exprimer quelle en était la matière. On voit assez quelle supériorité prodigieuse elle devait avoir sur ces cailloux et sur ce sable que nous nommons or et pierreries.

Vingt belles filles de la garde reçurent Candide et Cacambo à la descente du carrosse, les conduisirent aux bains, les vêtirent de robes d’un tissu de duvet de colibri ; après quoi les grands officiers et les grandes officières de la couronne les menèrent à l’appartement de Sa Majesté, au milieu de deux files chacune de mille musiciens, selon l’usage ordinaire. Quand ils approchèrent de la salle du trône, Cacambo demanda à un grand officier comment il fallait s’y prendre pour saluer Sa Majesté ; si on se jetait à genoux ou ventre à terre ; si on mettait les mains sur la tête ou sur le derrière ; si on léchait la poussière de la salle ; en un mot, quelle était la cérémonie. « L’usage, dit le grand officier, est d’embrasser le roi et de le baiser des deux côtés. » Candide et Cacambo sautèrent au cou de Sa Majesté, qui les reçut avec toute la grâce imaginable et qui les pria poliment à souper.
En attendant, on leur fit voir la ville, les édifices publics élevés jusqu’aux nues, les marchés ornés de mille colonnes, les fontaines d’eau pure, les fontaines d’eau rose, celles de liqueurs de canne de sucre, qui coulaient continuellement dans de grandes places, pavées d’une espèce de pierreries qui répandaient une odeur semblable à celle du gérofle et de la cannelle. Candide demanda à voir la cour de justice, le parlement ; on lui dit qu’il n’y en avait point, et qu’on ne plaidait jamais. Il s’informa s’il y avait des prisons, et on lui dit que non. Ce qui le surprit davantage, et qui lui fit le plus de plaisir, ce fut le palais des sciences, dans lequel il vit une galerie de deux mille pas, toute pleine d’instruments de mathématique et de physique.

 

 

Exemple d’un plan commentaire avec introduction et conclusion du chapitre 18 (XVIII) de Candide, « passage de l’eldorado », Voltaire, (1759).

( ceci n’est pas un modèle, mais juste un exemple. Votre réflexion personnelle peut mener à d’autres pistes de lecture).

 

 

Introduction :

 

 

Candide paraît en 1759. Cet ouvrage fait partie de la lignée des contes philosophiques que Voltaire écrit comme Micomégas ou Zadig. A travers des histoires irréelles, l’auteur nous livre une vision sur son monde et son époque. La forme de l’apologue imaginaire lui permet d’éviter une censure pointilleuse et lui permet de plaire au lecteur avant de l’instruire par ses réflexions. (contexte littéraire et auteur)

Candide conte l’histoire du héros éponyme (qui s’appelle Candide aussi, comme le titre de l’oeuvre) qui traverse de multiples épreuves sur plusieurs continents avant de retrouver son amoureuse (Cunégonde), et la tranquillité. Entre-temps, il s’est fait une idée plus précise du monde et des hommes, en découvrant des civilisations différentes, et des comportements parfois trop semblables (comme la méchanceté, la malhonnêteté, le fanatisme, l’égoïsme, la cupidité…). Candide est aussi un roman d’apprentissage qui nous montre un innocent qui découvre les bassesses humaines.(résumé de l’oeuvre en cas d’étude de l’oeuvre intégrale en classe)

Le passage de l’eldorado se situe au milieu des aventures de Candide, et constitue une pause dans ses mésaventures, puisqu’il trouve enfin, accompagné de son ami Cacambo, un endroit pacifique et des gens chaleureux. Après être entrés dans le pays, les deux compère sont invités à se rendre au palais royal. C’est l’occasion de décrire le palais et la ville d’Eldorado. (présentation du passage à étudier).

Quelle est l’intention de Voltaire dans cette description utopique ? Que cherche-t-il réellement à décrire ?(problématique)

Dans un premier temps, nous constaterons le caractère imaginaire de cette description, avant de montrer que cette utopie est en fait au service d’une critique de la civilisation occidentale. (annonce de plan)

 

(introduction en quatre parties : accroche avec informations sur l’auteur et l’oeuvre, présentation du passage, problématique, annonce de plan)

 

 

I- Un univers merveilleux.

 

( phrase d’introduction de la partie avec rappel du thème lors de l’introduction).

 

a) Des éléments irréels, imaginaires.

 

  • début du passage avec des moutons volants « les six moutons volaient », caractère d’ailleurs un peu comique, puisqu’ils tirent un « carrosse », transport de la noblesse, or le mouton est un animal de ferme, moins noble évidemment que le cheval.
  • La durée de leur trajet apporte encore un élément fantastique pour l’époque, rapide « en moins de quatre heures »(moins soulignant la rapidité), et en même temps cela souligne la taille gigantesque de la ville.
  • Enfin, matière inconnue du portail : « il est impossible d’exprimer quelle en était la matière », et image insolite comme « les fontaines d’eau rose ».

 

b) La démesure.

 

  • taille gigantesque de la ville, et du palais imaginée avec celle du portail.
  • Bâtiments et monuments immenses aussi : « édifices publics élevés jusqu’aux nues », « grandes places pavées ».
  • Hyperboles chiffrées et précises : « deux cent vingt pieds de haut et de cent de large », « Vingt belles filles », « mille musiciens », « mille colonnes », « deux mille pas ». Donnent une impression de réalité et encore de démesure.
  • Enfin, multiplicité des personnes et des bâtiments donnent le tournis : officiers, officières, musiciens, grand officier, le roi, édifices publics, les fontaines d’eau, de liqueurs de canne à sucre, …

 

c) L’univers traditionnel du conte.

 

  • Présence de clichés du conte comme le carrosse, ou le palais ; lieu classique des contes.
  • Le personnage du roi est chaleureux et accessible (fin deuxième paragraphe)
  • Exotisme dû à la localisation en Amérique du Sud, et à Cacambo (prénom exotique), ainsi qu’à la légende de l’eldorado (cité d’or) : « sur ces cailloux et sur ce sable que nous nommons or et pierreries ».

 

(phrase de conclusion/transition de la partie lors de la rédaction)

 

 

II- Une utopie au service de la critique.

 

( phrase d’introduction de la partie avec rappel du thème lors de la rédaction)

 

a) Une ville parfaite.

 

  • Une cour resplendissante : musiciens, filles, bains, robes magnifiques, d’où émane une grande douceur de vivre.
  • Une figure royale aimable et accessible
  • Forme d’égalité homme/femme avec le parallélisme officiers/officières. Les femmes occupent des places généralement dévolues aux hommes : « filles de la garde ».
  • Une société pacifiste, sans violence : « Il s’informa s’il y avait des prisons, et on lui dit que non. »

 

b) Une référence des Lumières à l’humanisme Thomas More, et son Utopie.

 

  • référence directe à Utopia de Thomas More (humaniste anglais du XVIème siècle, ami d’Erasme, et chancelier du roi d’Angleterre Henri VIII)
  • Place centrale des bâtiments publics servant l’intérêt général : édifices publics, marchés, fontaines. Tout est facilement accessible.
  • Ville qui sent bon « odeur semblable à celle du gerofle et de la cannelle », avec un accès facile à l’eau potable. Luxes dans des villes à l’époque sans hygiène où les ordures se jetaient dans la rue, et les maladies se véhiculaient par une eau sale.
  • Enfin, ville vouée à la connaissance, principe de Lumières (et de l’humanisme) avec « le palais des sciences », nouveauté aussi pour l’époque qui n’est pas habituée comme aujourd’hui aux musées, ou bibliothèques.

 

c) Une critique de la société européenne.

 

  • dans le deuxième paragraphe, satire de la manière de saluer les rois de l’époque : « si on se jetait à genoux ou ventre à terre ; si on léchait la poussière de la salle ». Ensuite, exagération de la proximité avec le roi de l’eldorado pour souligner la distance entre le roi européen et son peuple. Le roi se présente comme le père d’un peuple qu’il ne voit jamais ou qu’il traite en inférieur, contrairement à ce que Candide observe dans cette ville utopique.
  • L’absence de tribunal, de parlement et de prison dénonce aussi l’arbitraire et l’injustice souvent exercés en Europe (et en France, justice dont Voltaire fut à plusieurs reprises victime).
  • Critique encore de l’obscurantisme établi par l’Eglise avec l’évocation de palais des sciences, contrairement à une Europe qui freine les découvertes quand elles contredisent l’eglise et ses règles.
  • Enfin, la mise en avant de la propreté de la ville d’Eldorado contraste évidemment avec la saleté des villes européennes, et vient renforcer l’idée que la civilisation européenne n’est peut-être pas supérieure aux civilisations d’Amérique du Sud.
  • Texte des Lumières mettant en avant la science, un gouvernement juste et bon et une ouverture et une tolérance vis-à-vis du reste du monde.

 

(phrase de conclusion de la partie lors de la rédaction)

 

 

Conclusion :

 

Voltaire construit un décor imaginaire, en puisant dans l’univers du conte et de la légende de l’eldorado, fantasme de la cité d’or abritant toutes les richesses. Par cette utopie, l’auteur ne s’écarte pourtant pas de sa philosophie et dénonce par contraste, par miroir, la société européenne, ses rois, son Eglise et ses villes. (reprise des conclusions partielles et réponse à l’annonce de plan de l’introduction)

Son hommage à Thomas More est là pour rappeler que depuis le temps de Humanistes (époque de la Renaissance XV-XVI ème siècles), les sociétés européennes n’ont pas tellement changé, et que le progrès social, architectural, ou scientifique n’est toujours pas une valeur mise en avant du temps de Voltaire.(réponse à la problématique)

Comme ses collègues des Lumières, le philosophe a ici recours à l’utopie pour mieux souligner les manques de la société de son temps. Diderot dans le supplément au voyage de Bougainville agira de même. DE plus, dans Candide, le lecteur peut noter une différence importante dans l’accueil du héros à Lisbonne, et en Eldorado. La supériorité européenne paraît dès lors très relative. (ouverture).

 

(conclusion avec : reprise conclusions des parties, réponse problématique, ouverture)

 

2 pensées sur “Candide, chapitre 18 (XVIII), passage de l’eldorado, commentaire, voltaire

  • novembre 6, 2016 à 12:52
    Permalink

    Bonjour,

    Je ne vois pas la référence directe à Thomas More dans ce texte, est-il possible d’avoir une citation précise de cette référence ?

    Répondre
    • novembre 6, 2016 à 10:11
      Permalink

      Bonsoir,
      la référence à Thomas More est perceptible dans tout le chapitre. More dans utopia faisait la description d’une ville parfaite, qui en partie ressemble à celle de « l’eldorado ».

      Répondre

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