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Bel-Ami, passage des huîtres d’Ostende

 

Bel-Ami, passage « les huîtres d’Ostende ». (Maupassant)

 

 

Exemple d’un commentaire synthétique rédigé.

 

(ceci est évidemment un exemple et non un modèle. Votre réflexion personnelle peut mener à d’autres pistes de lecture)

 

Le texte étudié est un extrait de Bel-Ami de Maupassant. Cette œuvre constitue, avec une vie, le grand roman réaliste de l’auteur. Il décrit la progression sociale fulgurante d’un opportuniste séducteur, George Duroy, dans le Paris de la fin du XIX ème siècle.(Amorce avec présentation de l’auteur et de l’oeuvre)

Ici, dans ce passage des « huîtres d’Ostende », nous assistons au début d’un dîner bourgeois avec George Duroy comme personnage principal, entouré par son ami Forestier, la femme de ce dernier, et Mme de Marelle. Autour d’un repas copieux, les convives discutent de l’amour. (description du passage à étudier)

Nous nous demanderons comment Maupassant réussit à faire de ce dîner un moment charnière du récit. (problématique)

Dans un premier temps, nous mettrons en avant le caractère réaliste de la scène, avant d’étudier la stratégie de séduction opérée par Duroy auprès des deux femmes. (annonce de plan)

 

 

 

 

Maupassant immerge le lecteur dans la scène grâce à une écriture réaliste. (rappel du thème de la partie)En effet, dès le début nous avons une description très détaillée des plats apportés. L’auteur utilise une comparaison pour nous faire découvrir les huîtres : « semblables à de petites oreilles enfermées en des coquilles ». Il complète cette description par le goût :  « fondant entre le palais… ». Ensuite, il s’attarde moins longtemps sur la truite dont la couleur est comparée à « la chair de jeune fille ». Le but consiste à montrer au lecteur que la table est bourgeoise et les mets raffinés. De même, la position de Forestier très détaillée précise encore le caractère bourgeois du dîner : « presque couché sur le canapé, une jambe repliée sous lui, la serviette glissée dans son gilet pour ne point maculer son habit ». (première sous-partie centrée sur l’atmosphère bourgeoise)

A cette précision réaliste, Maupassant ajoute une écriture et une narration donnant encore l’impression de vivre la scène. Ainsi, il alterne entre récit et discours direct. Nous trouvons six répliques dans l’extrait. D’ailleurs, le discours indirect est aussi très présent : « On parla d’abord d’un cancan… ». Cette variété dans l’écriture apporte un réalisme indéniable au passage. La focalisation externe employée par l’auteur donne de plus l’impression au lecteur d’être un témoin de la scène. Il englobe tous les personnages d’un regard, et entend toute la conversation. (deuxième sous-partie centrée sur une écriture vivante)

Enfin, la construction du passage essaie encore de rejoindre la réalité. Les discussions ne débutent pas tout de suite : « et les convives commencèrent à causer ». Comme lors d’un réel repas, les paroles se délient une fois que les estomacs ont commencé à se remplir. Puis, la discussion s’accélère et la nourriture est oubliée. L’auteur n’en fait plus mention dans le reste du passage. Cette discussion démarre à partir d’une histoire banale d’une rencontre adultère, qui est parfaitement plausible comme sujet de discussion d’un repas de ce type. (dernière sous-partie centrée sur la structure du texte)

Le réalisme du passage vise en fait pour Maupassant à dévoiler le caractère manipulateur et séducteur de George Duroy. (phrase de conclusion/transition)

 

 

 

 

 

L’extrait présente aussi un jeu de séduction délicat dont Duroy constitue le centre.(rappel du thème de la partie) Tout d’abord, Maupassant fait progresser cette entreprise séductrice par étapes. Nous pouvons décomposer le textes en trois grandes parties. Pour débuter, la mise en place des plats sert d’introduction. Ensuite, la discussion glisse sur les relations adultères, avant de terminer sur l’amour. Duroy est le personnage central de la scène. A part trois répliques, il monopolise la parole. Durant la deuxième partie de la scène, il est même le seul à s’exprimer au discours direct ou indirect. L’auteur nous montre ainsi sa volonté de paraître.(première sous-partie centrée sur la progression de la scène)

De plus, cela lui permet d’orienter la conversation. Il cherche à convaincre et à persuader de la vérité de ses arguments. Il défend l’adultère avec un champs lexical du plaisir : « choses charmantes », « un court et léger bonheur ». Il utilise des euphémismes pour atténuer l’acte : « rapide désir, au caprice brusque et violent d’une heure, à une fantaisie d’amour ». Son raisonnement consiste à démontrer que l’adultère ne pourrait posséder que des avantages si le secret était gardé. Ce n’est donc pas l’acte en lui-même qui est répréhensible, mais plutôt sa découverte : « c’est la peur du secret dévoilé ». Il oppose ainsi les plaisirs de l’adultère aux inconvénients de la découverte, avec un champs lexical cette fois-ci très péjoratif : « irrémédiable », « douloureuses », « harcelantes ». Il appuie son raisonnement avec force pour persuader son auditoire. Il joue sur les émotions avec des changements de ton : « proclama », « souriant », « il s’indignait », « léger bonheur ». (deuxième sous-partie centrée sur la stratégie oratoire de Duroy)

Son argumentation paraît efficace. Il captive son auditoire : « Il parlait avec une conviction contagieuse ». S’il est aussi fort dans sa conviction, c’est parce qu’il semble poursuivre un but personnel : « comme s’il avait plaidé une cause, sa cause ». L’auteur sous-entend le but de Duroy, la cible qu’il cherche à toucher : « Elles le contemplaient toutes les deux ». Duroy parle en fait à ces deux femmes. En prenant la défense d’une femme adultère, il fait naître chez Mme de Marelle et chez Mme Forestier des fantasmes. Il évoque chez elles des possibilités nouvelles : « leur morale inflexible de Parisiennes n’aurait pas tenu longtemps devant la certitude du secret ». Maupassant dénonce ici l’hypocrisie de la morale bourgeoise, qui ne se soucie pas des actes, mais plutôt de la réputation. Enfin, l’auteur nous montre l’opportunisme de Duroy, qui par ses paroles se décrit comme un amant disponible et parfait. Il ne juge pas négativement l’adultère féminin, et de plus donne une définition galante de l’amour : « L’union des sens n’était qu’un sceau à l’union des coeurs ». (dernière sous-partie centrée sur le but de Duroy et le jugement de Maupassant sur la morale bourgeoise)

Sous le prétexte d’une discussion banale lors d’un dîner, Duroy met en fait en place sa stratégie de manipulation des femmes. (conclusion de la partie)

 

 

 

 

La scène des « huîtres d’Ostende » immerge le lecteur dans l’atmosphère d’un dîner bourgeois de la seconde moitié du XIXème siècle. Par la précision de la description, le recours à un point de vue externe et aux discours direct et indirect, Maupassant fait vivre au lecteur cette expérience en temps réel. Il pose aussi le caractère manipulateur de Duroy, en décomposant sa stratégie argumentative autour du plaisir de l’adultère.(reprise des conclusions partielles, et réponse à l’annonce de plan dans l’introduction) La réponse positive des femmes présentes nous indique la suite du roman. Duroy gagnera son ascension sociale en séduisant ces deux femmes. Seulement, Maupassant laisse aussi comprendre le caractère mensonger des propos de Duroy, qui la veille suivait une prostituée. Il n’est pas l’amant tendre et sincère qu’il prétend être. Cette scène constitue donc un moment charnière qui nous dévoile la suite des manipulations de Duroy. (réponse à la problématique et ouverture sur la suite du roman)

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