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Ariettes oubliées, III (3), Verlaine, romances sans paroles, méthode de commentaire, d’analyse, Verlaine, 1874.

Contact:lescoursjulien@yahoo.fr (plan avec introduction et conclusion disponible dans la catégorie plans de commentaire)

Exemple de commentaire avec la petite méthode pratique.

Méthode d’analyse du poème de Verlaine « Ariettes oubliées III », de Romance sans paroles, 1874.

Ariettes oubliées, III

Il pleut doucement sur la ville.

(Arthur Rimbaud)

Il pleure dans mon cœur
Comme il pleut sur la ville,
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon cœur ?

Ô bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits !
Pour un cœur qui s’ennuie,
Ô le chant de la pluie !

Il pleure sans raison
Dans ce cœur qui s’écœure.
Quoi ! nulle trahison ?
Ce deuil est sans raison.


C’est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi,
Sans amour et sans haine,
Mon cœur a tant de peine !

Verlaine, Romance sans paroles, 1874.

Poser des questions simples au texte pour en dégager les fondamentaux, afin d’en avoir une compréhension rapide. Même pour les textes difficiles à cerner, cela vous aidera à avoir des repères.

QUI ? Le personnage est l’auteur. Donc, le registre est lyrique. En effet, il exprime ses sentiments. Autre « personnage », le cœur. Donc personnification.

Quoi ? Ou Que ? La tristesse, ici plus précisément la mélancolie. Un état dépressif. Exprime une douleur : registre pathétique.

Où ? Indéterminé. Peu de repère spatial, à part « la ville ».

Par quels moyens ? Tout d’abord, c’est un poème, avec quatre strophes, de quatre vers (des quatrains). Des comparaisons, des répétitions (notamment cœur).Personnification. Tournure impersonnelle « Il ». Répétitions de sonorités : allitérations et assonances.

Pourquoi ? Pour exprimer ses sentiments et ses sensations. Texte au présent, décrit un moment de vague-à-l’âme. Questionnement de l’auteur. Nous fait partager sa peine.

Comment ? Registre lyrique et pathétique. Une ponctuation expressive. La musicalité de Verlaine avec des vers courts des hexasyllabes. (six pieds, syllabes). Rythme monotone installé dans le poème, par une construction circulaire, répétitive. 

Quand ? Temps indéfini, pas de repères temporels. Époque indéterminée. Juste l’utilisation du présent nous fait sentir un moment qu’il vit.

Rapidement, des éléments sont donc apparus. Certains reviennent dans plusieurs catégories, et paraissent donc plus importants : registres lyrique, pathétiques, De plus, la forme poétique est particulière : vers courts, rythme, figures de style, le caractère expressif du texte.

Même sans avoir d’autres éléments, il est déjà possible de construire un plan de commentaire.

Regrouper pour une première partie les questions Qui ? Par quels moyens ? Comment ? , et pour une deuxième les questions Quoi ? Et Pourquoi ?

Cela nous donne ici :

I- Un texte lyrique et pathétique.

1/ La musicalité du texte (un des éléments du lyrisme)

2/ Le lyrisme personnel.

3/ L’expression d’une souffrance (le registre pathétique).

II- La tristesse de l’auteur.

1/ Un paysage état-d’âme.

2/ Une description de son « spleen »

3/ La monotonie.

Le sujet du poème est l’état d’âme de l’auteur, son moment de déprime. Il faut donc l’expliquer, l’analyser. Il utilise la poésie pour l’exprimer. Il faut donc se pencher aussi sur le moyen choisi par l’auteur pour s’exprimer.

Après donc la lecture du texte deux fois (notamment dans le cas d’une question sur corpus type bac), des informations essentielles permettent d’orienter et de classer l’analyse plus en détails.

Par rapport aux pistes que nous possédons, analyser ensuite vers par vers (phrase par phrase pour la prose) le texte.

V1 : Il pleure dans mon cœur.

  • début par Il, caractère impersonnel.
  • Pleure : douleur, registre pathétique.
  • « dans mon coeur » : métaphore, image. « mon » sentiment personnel de l’auteur, première personne du singulier, lyrisme.

V2 : Comme il pleut sur la ville.

  • à la fois comme est un comparatif et un adverbe de temps. (Comme et Quand).
  • « pleut » et « pleure », rapprochement, et assonances en « pleu ».
  • lieu : « la ville ». Sinon, encore « il », caractère impersonnel.

V.3 : Quelle est cette langueur ?

  • question, « ? », pronom interrogatif « Quelle ».
  • thème de son expression et du texte : « langueur » : (Affaiblissement moral et physique)
  • Au passage, on note les rimes : vers 1, 3 et 4 de chaque strophe.

V.4 : Qui pénètre mon cœur ?

  • Continuation de l’interrogation.
  • Répétition de cœur dans la strophe en rime, et « mon », lyrisme.
  • « pénètre » : allitération en « p », allitération en « r » (langueur, pénètre).

V.5 : O bruit doux de la pluie

  • interpellation du bruit, personnification du bruit.
  • Adjectif qualificatif « doux », description du bruit, de la sonorité.
  • Pluie : temps maussade.

V.6 : Par terre et sur les toits !

  • ponctuation expressive : « ! », exclamation.
  • Parallélisme : « et », et allitération en « t », qui renforce le parallélisme.
  • Opposition des deux termes : terre et toit, sol et ciel. Signifie donc partout.

V.7 : Pour un cœur qui s’ennuie,

  • répétition de cœur encore.
  • Encore rappel du thème du poème « qui s’ennuie ».

V.8 : O le chant de la pluie !

  • Interpellation du chant de la pluie, personnification. Répétition de pluie.
  • Encore, après le bruit doux, une sonorité agréable, musicale ici.
  • Phrase exclamative, ponctuation expressive.

V.9 : Il pleure sans raison

  • reprise de la même formule qu’au vers 1. registre pathétique encore. Caractère impersonnel.
  • anaphore, texte coupé en deux par ce vers qui revient à la moitié.
  • Le sujet du texte revient encore avec « sans raison »(langueur, s’ennuie avant).

V.10 : Dans ce cœur qui s’écoeure.

  • répétition de cœur une nouvelle fois dans le poème, et dans le vers avec s’écoeure.
  • Personnification encore
  • insistance sur le cœur (le sentiment) avec l’assonance.

V.11 : Quoi!nulle trahison ?…

  • ponctuation particulière dans ce vers : « ! », « ? », « … »
  • vers très expressif, où plusieurs sentiments sont exprimés : la surprise, le doute, la perplexité.

V.12 : Ce deuil est sans raison

  • « deuil », définition dans l’état dans lequel il se trouve, comme en deuil, pathétique.
  • « est » présent de vérité générale.
  • « sans raison » répétition dans la strophe. Insistance sur l’absence de causes réelles à cet état dépressif.

V.13 : C’est bien la pire peine

  • de nouveau, présent de vérité générale, impersonnel.
  • « la pire », superlatif absolu, hyperbole.
  • « peine », douleur, registre pathétique. Allitération en « p » de nouveau.

V.14 : De ne savoir pourquoi

  • phrase négative
  • absence de réponse à son interrogation
  • pas de motifs trouvés.

V.15 : Sans amour et sans haine

  • négation encore
  • parallélisme « et », antithèse, amour et haine sont des contraires.
  • Plus de sentiments dans son cœur

V.16 : Mon cœur a tant de peine !

  • phrase exclamative, expressive.
  • Répétition de cœur (5 ds le texte, 6 avec s’écoeure), et « mon », lyrisme.
  • Répétition de peine, insistance sur la douleur, registre pathétique.

Des éléments reviennent, en lien d’ailleurs avec nos premières questions : le pathétique (v.1, 9, 12, 13, 16), le lyrisme (v.1, 4, 16), ponctuation expressive (v.6,8,11,16), répétitions de mots (cœur, raison, pluie, peine), assonances et allitérations (2,4,6,10,13), la personnification (v.5, 8, et pour le cœur dans tout le poème), caractère impersonnel de plusieurs vers (v.1,2,9), sonorités (v.5,8) et thème de la mélancolie (v.1,3,7,9,11,15,16). (se référer aux codes couleur, ne pas hésiter à surligner un texte).

Sur la structure du poème, sa forme : rimes par trois  tout du long, répétition du même mot en début et fin de vers, division en deux parties égales avec l’anaphore « Il pleut », vers courts (hexasyllabes), de nombreux enjambements qui accentuent la fluidité du poème.

Autre thème important du poème, plus caché : la monotonie. Construction réglée, symétrique, et rythme semblable. Le moment d’ailleurs reste le même (Il pleut) et rien ne change (pas de révélation, de solution). La monotonie devient ennui (v. 7), et accompagne ou provoque la mélancolie.

Enfin, on note l’harmonie entre le paysage et l’âme du poète, qui se reflètent.

A la suite de ces regroupements, nous pouvons établir un plan détaillé, en gardant nos première impressions (ou en les changeant si les nouveaux éléments le demandent, ici abandon de la partie sur le paysage état-d’âme car pas assez d’éléments).

Voilà donc un plan simple et possible. (Attention des éléments du poème comme la référence à Rimbaud, à la période vécue par l’auteur, la ressemblance avec le spleen de Baudelaire…ne sont pas pris en compte. En effet, le but est ici de construire un plan de commentaire avec les informations pratiques et facilement accessibles du texte).

I- Un texte lyrique et pathétique.

1/ un poème musical.

  • rimes, assonances et allitérations.
  • Rythme : répétitions, vers courts, enjambements.
  • Évocation de la musique : sonorités douces.

2/ Le lyrisme.

       – utilisation première personne du singulier.

  • Expression de sentiments : ponctuation expressive, répétition de cœur.
  • Une nature état-d’âme : la pluie.

3/ La souffrance, le pathétique.

  • registre pathétique.
  • Insistance dans chaque strophe par des répétitions et des parallélismes.
  • Vide l’âme, de sentiment : « Sans amour et sans haine ». Etat dépressif.

II- La tristesse de l’auteur.

1/ La description de son « spleen ».

  • champ lexical développé de la dépression.
  • Pas un mal extérieur, mais intérieur.
  • Pas de causes. Recherche des motivations sans solution.

2/ un état sans échappatoire.

  • Tournures impersonnelles et présent de vérité générale donnent l’impression d’une fatalité.
  • Utilisation de négations montrant le vide contre lequel il est impossible de se battre.
  • Poème circulaire, symétrique, avec des strophes qui commencent et terminent par la même rime. Pas d’évolution possible.

3/ La monotonie.

  • construction du poème marque la monotonie : quatre strophes, quatre vers, rimes croisées, même vers gardé (hexasyllabe).
  • Figures de style renforçant cette monotonie : parallélismes, anaphore, allitérations et assonances, répétitions.
  • L’ennui paraît être donc la cause de la douleur ressentie par Verlaine.

Nous avons donc repris tous les éléments identifies. Regroupés, et rangés, ils ont permis la constitution d’un plan. Deux ou trois remarques supplémentaires l’ont complété.

Par rapport à l’ébauche de base, une sous-partie a été changée (paysage état-d’âme remplacé par un état sans échappatoire), rester souple dans la construction de son plan jusqu’à ce qu’on l’ait posé.

Nous avons caractérisé le texte, puis expliquer le thème et/ou son message. (plan généralement possible). Reste à construire l’introduction (en quatre parties : accroche avec informations sur l’époque, l’auteur, l’oeuvre, présentation du texte (sur le fond et la forme), problématique, et annonce de plan), puis la conclusion (en trois parties : réponse à l’annonce de plan, à la problématique et ouverture sur une autre œuvre de l’auteur, un autre auteur, ou une autre époque).

(Plan avec introduction et conclusion rédigée disponible pour ce texte dans la catégorie plans de commentaire, ariettes oubliées)

Se reporter pour approfondir aux articles suivants de la catégorie méthodologie : petite méthode pratique pour commencer l’étude d’un texte, méthodologie commentaire, et exemple de commentaire quand vous serez bien vieille.

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